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    de l’art de le choisir quand il devient trapu, de le déshabiller pour n’en voir que le tronc, de le nouer ensuite, le nœud caché dedans, sous la triple épissure, que le bambou serait un art, une métaphore, un monde entier en soi, ses accommodations, qu’il emmène rêver, qu’il donne à s’échauffer, jusqu’aux pousses qu’on déguste, et derrière la matière la trace d’une Asie


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  • On touche parfois ces seuils de soi où la porte apparaît, quelque chose de visible, de découpé dans l‘espace, là où, le plus souvent, on frôle en vain la face lisse des parois intérieures en quête d’ouvertures, ce sentiment qu’enfin on peut pénétrer le for inférieur, les ramifications du labyrinthe, que clignote une autorisation, et même qu’elle peut prendre sa forme littéraire.
    Quant au courage, comment se faire une carapace, dans le lieu de sa nudité.


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    comment en nait le sentiment, est-ce la littérature dans le huis-clos de la lecture qui en aurait accru la prégnance, ou le sait-on de longtemps que l’appel du regard, les mains tendues en vain nomment la butée d’un monde indifférent, barrière qui jamais ne cède, et puis zip, c’est l’ouverture-éclair, moments de plénitude, coups de fil chaleureux, un amant, un enfant, et on sait que la solitude n’est qu’état transitoire, étape d’un récit qui nous accompagne, l’histoire de nos rencontres, la forme de nos échanges, ce qu’on s’en dit, le quant-à-soi du quant à nous


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    l’entre-deux entre joie d’une Libération et mur d’arrière-pays l’époque contient sa mélancolie mais le rythme aussi la force du swing un peu d’Amérique et on s’aperçoit qu’on en est le produit on y puise une détestation de la F rance on n’aime pas les petites médisances les nantis supérieurs non plus sa crise naissante on veut prendre la route un technicien du terroir se présente peut-être qu’avec un autre mais rien à retenir de cette 2CV sur les bords du canal en rentrant chargée des draps rouges passant près de la petite maison on apprend la mort du président comme ça qu’on sait dater jour et heure la formalité ça ne marque pas peut-être choisi pour ça justement pour qu’il ne barre pas la suite de soi on aurait pu rester là on prend la grande tangente on a le swing en soi


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    parti sans laisser d’adresse ou plutôt que l’adresse se perde dans le solo qui nous envole ça la peur qu’on resterait peut-être quelque part là-haut en voix de tête parce que la musique était si conventionnelle harmoniques au carré à domicile alors qu’on ait voulu la dissonance début d’une liberté ça le jazz qu’on peut chanter autrement et que la folie ou le désespoir peuvent s’y glisser en toute impunité qu’on oublierait le quotidien l’attente au bout du chemin et la nécessité de l’obscène réalité ça qui fascine aussi plus tard chez les artistes faire ce qu’on veut pour soi on admire cette fidélité à l’essentiel dans l’obstination et la constance ne pas se laisser détourner on va insister insister en se disant qu’au bout du saut l’eau n’anéantit pas l’autre rive et les paniqueurs de tous poils ne sont que nos propres fausses vigies qui fourvoient il y a une terre là-bas juste la penser faire ses gammes et même s’il n’est pas parfait le solo


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