• Wolf von Kries

    Crédit photo Anthropia

     

    La nouvelle continue sa course. Travail sur le temps, ajouts de chapitre, je cherche à affiner, à parfaire le texte.

    Automne à Mannheim (6), qui se passe en Allemagne, durant l'automne 1977, une année de plomb.

    Lire ici la suite de la nouvelle.

     

     

     

     

     

     


    votre commentaire
  • Florence Reymond

     

    Protocole

     

    La surenchère de propos racistes de la part de nos gouvernants, leur propension à assimiler immigration et délinquance, leur stigmatisation des Roms, la peur qu’ils distillent au quotidien et qui contribue à développer cette France timorée que je déteste, créent un climat auquel il convient de réagir. Alors hier, samedi, pour protester, j’ai manifesté avec des milliers de personnes de la place de la République à l’Hôtel de Ville, comme plein d’autres ailleurs en France.

     

    En écho à ce climat délétère, vous pouvez toujours lire cette nouvelle, qui s’écrit peu à peu, work in progress, in process aussi, le travail de l’écriture, les corrections d’une fois sur l’autre, l’humble travail d’augmentation de l’auteure. Cela se passe en RFA, à la fin des années soixante-dix, la période dite du Deutscher Herbst, l’Automne allemand.

     

    A lire ici

     

     


     


    votre commentaire
  • A Spinoza map

    2007

    Thomas Hirchner et Markus Steinweg

    Crédit photo Anthropia

    Protocole

    Le climat sécuritaire actuel m’a rappelé des souvenirs, la vie en RFA à la fin des années soixante-dix, la période dite du Deutscher Herbst, de l’Automne allemand, époque où je me retrouvais étrangère, suspectée du simple fait de l’être. J’ai été Rom un jour là-bas, et nous le serons tous si nous laissons faire ce gouvernement.

    J’édite ci-dessous un texte, une nouvelle, qui s’écrira au jour le jour ou pas, work in progress, work, in process aussi, le travail de l’écriture, les corrections d’une fois sur l’autre, l’avancée d’un récit qui ne sait pas où il va.

    Lire le texte ici.

     

     


    votre commentaire
  • Family 3

    Marina Abramovic

    Crédit Photo Anthropia

     

     

    Le commando qui a fait parvenir la photo à la presse y joint une note. Il demande la libération des prisonniers de la RAF, Baader, Ensslin, Raspe, Becker, Hoppe, Dellwo, Krabbe, Rössner, Schbert et Möller. Il demande qu’on les laisse prendre le vol de leur choix avec cent mille deutsch marks chacun. Schleyer a écrit un message. Si les investigations continuent, ma vie est en danger. De même, si vous ne donnez pas satisfaction aux ultimatums du commando. Cependant, cette décision n’est pas la mienne. Hans-Martin Schleyer.

    Une autre photo apparaît sur les écrans. Le minibus Volkswagen blanc utilisé pour organiser l’enlèvement a été retrouvé dans le parking des appartements du Wiener Weg à Cologne. Nous sommes à une heure de Cologne. Toute la région est sens dessus dessous. Sur les antennes, ce soir-là, on ne voit que ça, la photo de Schleyer et du minibus blanc.

    Quand ils se couchent, ce soir-là, Léa tourne le dos à Jürgen. Cette pesanteur nationale vient jusque dans son lit étouffer tout désir. L’Allemagne en automne n’a pas suscité de baby boom, à sa connaissance.

     

    Quelques jours plus tard, comme Léa partait au travail, elle eu la certitude que la chasse n’en était qu’à ses débuts.

    Elle avait trouvé un job grâce à l’Arbeitsamt, une sorte de pôle emploi allemand, on lui avait d’abord proposé un poste de tri à la Deutschepost, payé une misère.

    Frauenarbeit.

    Elle avait bien entendu, ils proposaient un travail de femme. Elle comprit qu’un travail de femme voulait dire un emploi mal payé. On est supposé ne pas avoir besoin d’argent, puisqu’une femme est mariée, n’est-ce pas, et que son mari subvient à ses besoins.

    Elle avait osé un mot.

    Est-ce que vous fournissez le mari avec ?

    Le fonctionnaire l’avait regardé d’un œil vitreux, apparemment insensible à son humour.

    Elle avait rempli un questionnaire et s’est arrêtée devant le point 3. Unterschützen Sie… Cela voulait dire, êtes-vous soumise à la loi bla-bla-bla ? Elle ne saisit pas le sens de la question. Elle se tourna vers le fonctionnaire.

    Ça veut dire quoi, ça ?

    Le gratte-papier lit sur son épaule.

    Cela veut dire, Etes-vous enceinte ?

    Elle se demanda s’il était bien légal de demander à une femme si elle était enceinte. En France, on n’avait pas le droit de licencier une femme enceinte, mais demandait-on avant d’offrir un job si la femme était enceinte, elle ne croyait pas. C’était discriminatoire, ça. Bon, de toutes les manières, elle n’était pas enceinte. Elle répondit donc, non.

    Finalement, le placier lui avait trouvé un job dans un atelier de confection, qu’elle avait tout de suite aimé. Elle était chargée de mettre les unes sur les autres, en accordéon, des couches et des couches de tissu doux au toucher, elle tirait l’étoffe d’un lourd rouleau, devait veiller à bien l’aligner pour ne pas gaspiller de matière, puis une sorte de machine à découper se déplaçait au-dessus de la table gigantesque et découpait les formes prévues. Elle fabriquait des soutiens-gorges et des slips de maillots de bain. L’expérience ne dura qu’un mois, c’était un contrat à durée déterminée, mais au bout d’un mois elle avait déjà fait le tour du sujet.

    Elle retourna au bureau du travail où on lui proposa cette fois un poste chez Horten, le grand magasin de Manheim. Son allemand avait dû s’améliorer, elle était promue vendeuse. Le chef du personnel la plaça au rayon des maillots de bain ; ainsi elle se retrouva à vendre les maillots de bain, qu’elle avait contribué à fabriquer, comme dans une suite logique, elle découvrait la chaîne entière du secteur « vêtements de bain », du producteur au consommateur.

     

    Elle découvrit qu’être une vendeuse française avait ses avantages. Elle demandait avec son accent le plus frenchy, quelle taille, la cliente lui demandait si elle était française, woher ?, aus Paris, d’où ? De Paris. Elle n’avait plus ensuite qu’à glisser un « sehr chic » au sortir de la cabine d’essayage, pour que la dame s’en aille avec l’impression d’avoir acheté le bon goût parisien.

     

    Chez Horten, elle rencontra Wolf, qui travaillait au rayon des disques. Ils avaient parlé musique : elle avait évoqué ses chansons, il lui avait proposé de les rejoindre au blockhaus pour faire un essai. C’est comme ça qu’elle s’était retrouvé chanteuse du groupe, The daffodils.

     

    Elle connaissait ce poème de Wordsworth, I wander’d lonely as a cloud that floats on high o'er vales and hills, when all at once I saw a crowd, a host of golden daffodils, beside the lake, beneath the trees, fluttering and dancing in the breeze, et trouva qu’il correspondait bien au style du groupe, du jazz folk à l’élégance nonchalante.

     

     

    Ce matin-là, en arrivant au parking, sur la petite place en face de l’appartement, elle avait trouvé sur son pare-brise un prospectus de la police allemande, avec les photos d’identité des terroristes et en-dessous les indices qu’on appelait la population à rechercher, une chaussure de sport, un sac, un pistolet, si vous avez vu ces objets, merci de contacter la police de Manheim, au numéro, etc, et le montant d’une récompense, elle se souvient, c’était soixante mille deutsch marks.

    Léa pensa qu’elle n’avait jamais vu un tel document, sauf peut-être dans les westerns  de son enfance, le fameux Wanted, avec la tête du criminel dont tout chasseur de prime possédait un exemplaire, au cas où le bandit croiserait son chemin. La traque se précisait.

    En rentrant ce soir-là, avec Jürgen, ils découvrirent sur ARD les nouvelles mesures anti-terroristes prises par le gouvernement, soutenu par les médias, elle ne se souvenait plus de l’émission, elle se souvient juste d’une sorte de terreur qu’elle s’était mise à ressentir, d’abord une douleur familière au creux de l’estomac, elle savait que c’était l’angoisse, mais cette fois ça montait à la gorge, ça prenait le souffle, et la laissait haletante sans avoir bougé. Le programme TV incitait les bon citoyens à descendre dans la rue et à la bloquer, dès que les sirènes retentiraient, il faudrait tout faire pour bloquer les terroristes, l’animateur du programme TV montrait des objets, un numéro s’affichait, si vous avez vu ces objets, appelez-nous. Puis pour prouver que ce qu’ils disaient avait la faveur du gouvernement, ils annoncèrent que la sirène allait retentir. Comme dans une répétition générale, la sirène dehors se mit à hululer, et eux à la tv dirent, vous entendez ? On sentait que toute l’Allemagne était tout à coup happée par le double son, prise en tenaille par la stridence et la démonstration des journalistes, qui ne pouvaient empêcher un rictus de s’installer sur leur visage, le sourire retenu de la toute-puissance. En fait, Léa ne se souvient plus si la sirène a retenti, mais c’était tout comme, tous les Allemands avaient dû croire l’entendre, tant le registre de l’émission était dramatique. Peut-être l’avaient-ils fait résonner à la tv, bref, ça stridait de partout et ça glaçait les sangs.

    Feuilleton à suivre

     


    votre commentaire
  • Rousseau

     

    Le commando qui a fait parvenir la photo à la presse y joint une note. Il demande la libération des prisonniers de la RAF, Baader, Ensslin, Raspe, Becker, Hoppe, Dellwo, Krabbe, Rössner, Schbert et Möller. Il demande qu’on les laisse prendre le vol de leur choix avec 100 000 deutsche marks chacun. Schleyer a écrit un message, si les investigations continuent, ma vie est en danger. De même, si vous ne donnez pas satisfaction aux ultimatums du commando. Cependant, cette décision n’est pas la mienne. Hans-Martin Schleyer. Le minibus Volkswagen blanc utilisé pour organiser l’enlèvement a été retrouvé dans le parking des appartements du Wiener Weg à Cologne. Nous sommes à une heure de Cologne. Toute la région est sens dessus dessous. Sur les antennes, ce soir-là, on ne voit que ça, la photo et le minibus blanc.

     

    Feuilleton à suivre

     


    2 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique