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Anthropia

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A poil, les philosophes | 14 janvier 2008

Photo d'Art Shay

Nu de Simone de Beauvoir

publié en page intérieure du Nouvel Obs

 


 

 

J'ai longtemps pensé qu'il fallait chercher du côté de la vie des philosophes pour se faire une idée de leurs idées ou théories. Tel philosophe qui largue sa grande famille, Rousseau, (l'un des inspirateurs de la Révolution française), tel autre qui ne se marie jamais, Kierkegaard, préférant rêver à l'impossible fiancée que de vivre les affres du quotidien avec elle (cela dit ils sont nombreux les philosophes en mal d'âme sœur, certains ont d'ailleurs cherché l'âme frère), tel autre enfin, vivant au fil des années, col blanc ouvert au risque de l'angine de poitrine, vivons dangereusement, je ne le cite pas, tout le monde aura deviné.



Puis je me suis fait une raison, j'ai compris que les philosophes écrivent des livres à partir de leurs problématiques, ce que je ne suis pas, je l'écris, ce que je voudrais être, faire, je le dépeins comme ma norme ou ma quête. D'autant plus cartésien qu'on est à l'Ouest ou en Hollande, d'autant plus fidèle qu'on apparaît volage, d'autant plus existentialiste qu'on n'a pas fait de la résistance pendant la guerre 39-45.



Avec les temps modernes, si j'ose dire, l'écrit est passé à l'oral de la rue, dans l'engagement, les philosophes ont revendiqué une parole opérationnelle (performative, dirait Jakobson), non seulement penser mais agir, non seulement agir, mais œuvrer pour les masses populaires, les pauvres et les fous. L'existentialisme est un humanisme comme on disait à l'époque. Depuis je me demande. D'où une époque, les années 70, durant laquelle on regardait les philosophes autant qu'on les lisait, ils constituaient des modèles de vie.




Et puis vinrent les années 2000, les théoriciennes du féminisme nous racontent qu'elles ont tapiné et que c'est bon pour la libération de la femelle, celles de l'art contemporain qu'elles ont fuqué partout où le regard se pose et que la chair est triste,  et Simone est à poil dans le Nouvel Obs.



Moi bêtement, je regarde la photo et je me dis, elle est belle, même celle de l'intérieur je veux dire, (la couv' a été retouchée), je ne vois que ça, oui le nu en noir et blanc de Simone de Beauvoir est beau. Cinquante ans après, même l'enrobé des fesses résiste au risible, elle est pulpeuse, cette femme-là. J'examine vaguement mon état intérieur après la lecture brûlante de King Kong Théorie, je me tâte imaginant les possibles dévastations de Judith Butler sur mon esprit, j'y repense à deux fois en lisant les commentaires INDIGNES, puis EN COLERE, puis APOPLECTIQUES de mes sites favoris ou des associations féministes que je consulte en ligne et finalement je décide que non décidément non, l'assassin n'est pas le jardinier, ni le Nouvel Obs.


Peut-être, et je dois l'avouer, suis-je influencée par quelques djeuns qui traînent autour de moi, des artistes, des étudiants, et qui pour la première fois ont acheté le Nouvel Obs. Oui, pour la première fois, ce News de Vieux, ils l'ont acheté, pour cause de philosophe à poil. Parce que c'est marrant ça, une tête à cul, une sexy vieille dame indigne, où va-t-on, la confusion Madame, on ne sait plus qui est qui. Ils l'ont acheté parce qu'elle semble mettre du cœur à l'ouvrage, cette coquine nue sur talons aiguilles, qui guette du coin de l'œil le flash du photographe, que fera-t-il de la photo, elle ne la récupère pas, elle s'en amuse.



Et puis s'il y a bien une femme qui méritait ça, c'est bien elle, non ? La femme qui refilait ses petites copines à son mec, la femme à hommes qui s'est tappée toute la rédaction des TM, la tombeuse, celle qui a mis sa vie sexuelle et sociale au-dessus d'une pseudo-vie familiale. Et qu'on ne misérabilise pas sur les enfants qu'elle n'a pas eus. Esprit de sacrifice ? Non, elle a bien compris, Simone, que depuis toujours pour les femmes, la maternité, c'est la mise en risque de la liberté, ou alors elles mettent le bébé aux objets trouvés, et ils pourraient s'enrhumer.




Si Simone est à poil dans le Nouvel Obs, c'est non seulement parce qu'elle le vaut bien, c'est parce que l'époque veut ça, c'est l'influence de l'égo-philosophie, «se mettre à poil» au sens propre comme au figuré. Les philosophes se mettent à poil, de multiples façons. Michel Onfray nous renseigne sur les plaisirs sadiques de ses éducateurs. Finkelkraut nous fait partager ses crises de parano aigues et on l'aime quand-même, on lui pardonne comme à un pauvre vieil enfant traumatisé pour tous les moments d'intense passion de comprendre dont il nous grise le samedi matin. On ne parlera pas des grands coureurs, grands sauteurs de la place parisienne, que la compulsion a conduit à hautement consommer, mais franchement qui ira le leur reprocher dans la génération post-pillule et early sida, surtout pas moi qui ai contribué à leur palmarès. En revanche, on attend toujours les théories qui expliqueront comment le cerveau d'un penseur est irrigué par son sex-appeal. La KK théorie de Virgine D. a créé le porno-choc pré-philosophique, une sorte de montée libidinale avant que les idées n'adviennent, une initiation intellectuelle par le sexe en quelque sorte, comme on reboute un ordinateur, l'introduction du logiciel pour faire fonctionner la machine, mais le livre se lit avec plaisir, rafraîchissant les idées tout en leur donnant une allure actuelle.



 

La post-modernité met le corps en avant, comme Simone prônait la vérité à tous prix. Le corps à la vue de tous est un peu cette vérité plus vraie que les mots, l'irréductible d'un être, son image extérieure la plus authentique. Après l'ère du soupçon, je ne dis pas ce que je pense, je ne pense pas ce que je dis, se montrer à poil c'est montrer sa vie, l'exercice physique qu'on fait ou pas, le régime draconien qu'on impose à son réfrigérateur. C'est en tout cas l'utopie contemporaine, le corps comme performance de soi, plus fort qu'une philosophie.



Alors faut-il s'émouvoir de ce qu'on montre UNE philosophe à poil ? Sans doute que peu d'hommes supporteraient l'exercice, façon Polnareff, encore que Raphaël Enthoven, Michel Onfray, BHL, Derrida en son temps et quelques autres soient de beaux mecs. On a bien vu un Président en slip de bain dans son kayak, rien n'est impossible. Et cela pourrait bien venir plus vite qu'on imagine, les hommes commencent à s'émanciper, cela ne saurait tarder. Gageons que ce sera le prochain scandale du Nouvel Obs, quand il faudra faire découvrir à la prochaine génération ce News magazine qui décape dans tous les sens du terme.







 

 

Publié par Anthropia à 10:10:30 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (4) |

La politique de civilisation 2 | 09 janvier 2008

Dessin de Pétillon

Le Canard Enchaîné

Edition du 9 janvier 2008

 

Vue par Vous Savez Qui, la politique de civilisation c'est le contraire du pouvoir d'achat. C'est pourquoi il n'en a pas parlé à sa conférence de presse.



Civiliser plus pour gagner moins, c'est croire à la vie éternelle pour éviter d'espérer une hausse des salaires sur terre, travailler le dimanche au lieu de critiquer Vous Savez Qui dans les repas dominicaux, consommer le dimanche au lieu d'aller au repas dominical chez papa, maman, ne plus oser refuser la deuxième offre d'emplois proposée par l'ANPE, car comme le dit un très bon dessin dans le Canard Enchaîné de ce jour, « les emplois acceptables, ce sont ceux que vous avez envie de refuser", payer la redevance et la franchise médicale pour combler le trou de la télé sans pub et le trou de la sécu sans cotisations sociales faute de création d'emplois et de croissance.

 

La politique de civilisation selon VSQui c'est de se centrer d'abord sur la faute et pas sur le besoin. Ne toucher le RMI qu'au vu de votre pouvoir d'achat réel (votre RMI sera réduit si vous avez hérité d'une maison ou des bijoux de famille, avez placé en d'autres temps vos petites économies dans un plan d'épargne, conduisez une voiture payée grâce au travail de jadis, touchez des allocations familiales). Qu'on me comprenne bien, ce n'est pas que j'encourage la fraude, mais une personne sans travail, qui habite dans l'appartement de sa défunte mère, survalorisé par le boom immobilier, n'a pas pour autant d'argent, devra-t-elle donc vendre son seul bien pour avoir des liquidités, sans pouvoir trouver d'appartement à louer, parce qu'elle n'aura pas d'emploi ?).

 

La politique de civilisation de VSQui, c'est de faire payer aux gens les cadeaux faits aux amis : la TVA sociale pour taxer les achats au lieu de taxer le CAC 40, la fin de la durée officielle du travail pour ne plus avoir à comptabiliser les heures supplémentaires et les RTT, même si on vient de faire une loi à ce sujet.




La systémique façon Vous Savez Qui, c'est la recherche de la faille chez l'autre, l'individu placé au cœur du système pour mieux le pister, le pressuriser, l'imposer et le réduire au néant de la protestation, du droit de grève, de la possibilité d'y comprendre quelque chose à cette rafale (ce Rafal ?) de mesures toutes plus injustes les unes que les autres. Tout mener en même temps, pour que les syndicats n'aient pas le temps ni le nombre pour s'opposer à cette stratégie d'encerclement.




La politique de civilisation pour décerveler les citoyens, pas seulement un slogan, un cheval de Troyes, infiltré dans notre civilisation, pour mieux la détruire, de nuit, par ruse.



 

Publié par Anthropia à 13:43:36 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (1) |

La politique de civilisation | 08 janvier 2008

Edgar Morin à l'EHESS

 

 

Le concept est d'Edgar Morin, audible dans cette émission intéressante de France Inter.

 

Je le comprends comme une politique qui ferait des choix en tenant compte de toutes les informations portées à notre connaissance. Une politique systémique, c'est à dire qui mettrait en relation le réchauffement de la planète, la nécessité de la biodiversité, et surtout en mettant l'humain au centre des préoccupations. Comme le dit Edgar Morin, construire des parkings à la périphérie des villes et rendre gratuits les transports en commun,  ou penser un Vélib avec des chariots pour les courses et les enfants, et ... C'est à dire ne pas prendre de décision qui ne traiterait pas la complexité du monde dans lequel nous vivons et le mieux-être que nous recherchons.

 

Est-ce si impossible que cela ? Et je me mets à penser à ce que cela aurait pour conséquence dans ma vie. Ne pas accepter de contrats qui m'emmèneraient sur les routes, à gaspiller du CO2. Privilégier le télétravail avec mes clients. Repenser ma consommation de gaz, d'électricité, d'eau. Capteur solaire, vaisselle faite à l'économie, choix d'équipements qui me feraient économiser de l'énergie, ampoules longue consommation, marcher plutôt que prendre la voiture, commander des légumes de saison à l' AMAP de ma ville, ne pas acheter de repas tous préparés surgelés, privilégier les emballages légers ou l'achat en gros avec des amis.

 

Et prendre tout cela comme un nouveau jeu de la réalité, un exercice d'intelligence durable, donner l'exemple, montrer que c'est possible tout en développant la convivialité de nos repas, la solidarité avec les voisins et les amis.

 

Ca me tente bien, et si cela peut ouvrir la voie à des politiques qui s'y mettraient aussi, à la vraie politique de civilisation, celle qui permet de développer un bonheur au quotidien, la ville redevenue vivable, l'attention aux autres.

 

Merci Edgar Morin de votre fraîcheur, de votre énergie.

 

Je me souviens d'un soir, il y a quelques années, où il est monté chez moi. Il accompagnait une amie sudaméricaine qui faisait partie de notre association, Pour la pensée complexe, en lui portant ses bagages dans les étages. Arrivé à la maison, je lui ai offert à manger. Et il s'est installé, sans ambages, juste parce qu'il y avait là un moment de plaisir ensemble, une occasion de parler.

 

Quelques temps plus tard, après une conférence qu'il avait faite, nous avons marché dans la rue avec sa famille, et nous avons parlé de Norbert Elias et de sa Civilisation des Moeurs, qu'il n'avait pas lu, il posait des questions. C'était simple, la curiosité de découvrir, le plaisir de l'intelligence durable. Qu'on vous souhaite très durable, Edgar Morin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié par Anthropia à 14:46:54 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (2) |

Le thermomètre présidentiel | 04 janvier 2008

 

Petit problème. Sachant que, malgré que les sondeurs vous servent la soupe, vos sondages d'opinion sont de plus en plus en plus serrés, que faudra-t-il faire pour que votre politique ait l'air d'un succès ?

 

La réponse est : maîtriser le thermomètre, le créer, en fixer les degrés, être le seul à pouvoir le lire, pouvoir le casser si besoin est.

 

C'est ce que fait Sarkozy.

 

 

Voyant que les médias s'emparent de ses résultats aux sondages pour évaluer sa politique, il a décidé de créer le nouveau thermomètre, cela s'appelle un tableau de bord, pour montrer sa réussite ou l'échec de ses ministres, en fonction de ce qui l'intéressera. Il a fixé les critères chiffrés attendus, il demandera aux ministres de donner les résultats chiffrés, il les publiera s'il le juge utile et démissionnera les ministres s'il les juge mauvais. Bref, en amont et en aval du thermomètre, qui trouve-t-on, Vous Savez Qui.

 

En plus, comme pour les expulsions, 23 000 ou 24 000 ou 25 000, cela donne du grain à moudre tous les jours aux médias, on suit la température, bientôt le JT utlisera un compteur, 24392 expulsés, +3 aujourd'hui, etc.

 

On n'arrête décidément pas le progrès, après la syphonnisation des mots, Vous Savez Qui a décidé de syphonner les chiffres. Façon que plus rien n'ait de sens désormais en France. Plus aucun résultat, plus aucun discours, le vide sidéral pour cacher le sien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 11:04:06 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

Kikuyu, quand l'ethnique a bon dos | 02 janvier 2008

 

 

Kikuyu, quand l'ethnique a bon dos, quand on lui fait endosser des pseudo-batailles d'influences, politiques, on transforme des conflits partisans en conflits ethniques.

 

Nommer ce qui gêne du mot qui fait voir rouge et vous aurez tous les conflits du monde. En Irlande, on utilise catholique ou protestant. A Gaza, Palestinien ou Juif, à Dakar, l'ivoiritude. Bref de tous temps, on use et abuse du vocabulaire pour durcir les positions, pour agiter la muletta.

 

Et la simple idée que certains vivent aujourd'hui, ce qui s'est passé au Rwanda il y a plus de dix ans me rend malade.

 

Ne vous laissez pas attraper par ces mirages trompeurs. Le crime ethnique n'est pas beautiful.

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 14:36:13 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

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