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Photo d'Art Shay
Nu de Simone de Beauvoir
publié en page intérieure du Nouvel Obs
J'ai longtemps pensé qu'il fallait chercher du côté de la vie des philosophes pour se faire une idée de leurs idées ou théories. Tel philosophe qui largue sa grande famille, Rousseau, (l'un des inspirateurs de la Révolution française), tel autre qui ne se marie jamais, Kierkegaard, préférant rêver à l'impossible fiancée que de vivre les affres du quotidien avec elle (cela dit ils sont nombreux les philosophes en mal d'âme sœur, certains ont d'ailleurs cherché l'âme frère), tel autre enfin, vivant au fil des années, col blanc ouvert au risque de l'angine de poitrine, vivons dangereusement, je ne le cite pas, tout le monde aura deviné.
La post-modernité met le corps en avant, comme Simone prônait la vérité à tous prix. Le corps à la vue de tous est un peu cette vérité plus vraie que les mots, l'irréductible d'un être, son image extérieure la plus authentique. Après l'ère du soupçon, je ne dis pas ce que je pense, je ne pense pas ce que je dis, se montrer à poil c'est montrer sa vie, l'exercice physique qu'on fait ou pas, le régime draconien qu'on impose à son réfrigérateur. C'est en tout cas l'utopie contemporaine, le corps comme performance de soi, plus fort qu'une philosophie.
Publié par Anthropia à 10:10:30 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (4) | Permaliens
Dessin de Pétillon
Le Canard Enchaîné
Edition du 9 janvier 2008
Vue par Vous Savez Qui, la politique de civilisation c'est le contraire du pouvoir d'achat. C'est pourquoi il n'en a pas parlé à sa conférence de presse.
Civiliser plus pour gagner moins, c'est croire à la vie éternelle pour éviter d'espérer une hausse des salaires sur terre, travailler le dimanche au lieu de critiquer Vous Savez Qui dans les repas dominicaux, consommer le dimanche au lieu d'aller au repas dominical chez papa, maman, ne plus oser refuser la deuxième offre d'emplois proposée par l'ANPE, car comme le dit un très bon dessin dans le Canard Enchaîné de ce jour, « les emplois acceptables, ce sont ceux que vous avez envie de refuser", payer la redevance et la franchise médicale pour combler le trou de la télé sans pub et le trou de la sécu sans cotisations sociales faute de création d'emplois et de croissance.
La politique de civilisation selon VSQui c'est de se centrer d'abord sur la faute et pas sur le besoin. Ne toucher le RMI qu'au vu de votre pouvoir d'achat réel (votre RMI sera réduit si vous avez hérité d'une maison ou des bijoux de famille, avez placé en d'autres temps vos petites économies dans un plan d'épargne, conduisez une voiture payée grâce au travail de jadis, touchez des allocations familiales). Qu'on me comprenne bien, ce n'est pas que j'encourage la fraude, mais une personne sans travail, qui habite dans l'appartement de sa défunte mère, survalorisé par le boom immobilier, n'a pas pour autant d'argent, devra-t-elle donc vendre son seul bien pour avoir des liquidités, sans pouvoir trouver d'appartement à louer, parce qu'elle n'aura pas d'emploi ?).
La politique de civilisation de VSQui, c'est de faire payer aux gens les cadeaux faits aux amis : la TVA sociale pour taxer les achats au lieu de taxer le CAC 40, la fin de la durée officielle du travail pour ne plus avoir à comptabiliser les heures supplémentaires et les RTT, même si on vient de faire une loi à ce sujet.
Publié par Anthropia à 13:43:36 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (1) | Permaliens
Edgar Morin à l'EHESS
Le concept est d'Edgar Morin, audible dans cette émission intéressante de France Inter.
Je le comprends comme une politique qui ferait des choix en tenant compte de toutes les informations portées à notre connaissance. Une politique systémique, c'est à dire qui mettrait en relation le réchauffement de la planète, la nécessité de la biodiversité, et surtout en mettant l'humain au centre des préoccupations. Comme le dit Edgar Morin, construire des parkings à la périphérie des villes et rendre gratuits les transports en commun, ou penser un Vélib avec des chariots pour les courses et les enfants, et ... C'est à dire ne pas prendre de décision qui ne traiterait pas la complexité du monde dans lequel nous vivons et le mieux-être que nous recherchons.
Est-ce si impossible que cela ? Et je me mets à penser à ce que cela aurait pour conséquence dans ma vie. Ne pas accepter de contrats qui m'emmèneraient sur les routes, à gaspiller du CO2. Privilégier le télétravail avec mes clients. Repenser ma consommation de gaz, d'électricité, d'eau. Capteur solaire, vaisselle faite à l'économie, choix d'équipements qui me feraient économiser de l'énergie, ampoules longue consommation, marcher plutôt que prendre la voiture, commander des légumes de saison à l' AMAP de ma ville, ne pas acheter de repas tous préparés surgelés, privilégier les emballages légers ou l'achat en gros avec des amis.
Et prendre tout cela comme un nouveau jeu de la réalité, un exercice d'intelligence durable, donner l'exemple, montrer que c'est possible tout en développant la convivialité de nos repas, la solidarité avec les voisins et les amis.
Ca me tente bien, et si cela peut ouvrir la voie à des politiques qui s'y mettraient aussi, à la vraie politique de civilisation, celle qui permet de développer un bonheur au quotidien, la ville redevenue vivable, l'attention aux autres.
Merci Edgar Morin de votre fraîcheur, de votre énergie.
Je me souviens d'un soir, il y a quelques années, où il est monté chez moi. Il accompagnait une amie sudaméricaine qui faisait partie de notre association, Pour la pensée complexe, en lui portant ses bagages dans les étages. Arrivé à la maison, je lui ai offert à manger. Et il s'est installé, sans ambages, juste parce qu'il y avait là un moment de plaisir ensemble, une occasion de parler.
Quelques temps plus tard, après une conférence qu'il avait faite, nous avons marché dans la rue avec sa famille, et nous avons parlé de Norbert Elias et de sa Civilisation des Moeurs, qu'il n'avait pas lu, il posait des questions. C'était simple, la curiosité de découvrir, le plaisir de l'intelligence durable. Qu'on vous souhaite très durable, Edgar Morin.
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Publié par Anthropia à 14:46:54 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (2) | Permaliens
Petit problème. Sachant que, malgré que les sondeurs vous servent la soupe, vos sondages d'opinion sont de plus en plus en plus serrés, que faudra-t-il faire pour que votre politique ait l'air d'un succès ?
La réponse est : maîtriser le thermomètre, le créer, en fixer les degrés, être le seul à pouvoir le lire, pouvoir le casser si besoin est.
C'est ce que fait Sarkozy.
Voyant que les médias s'emparent de ses résultats aux sondages pour évaluer sa politique, il a décidé de créer le nouveau thermomètre, cela s'appelle un tableau de bord, pour montrer sa réussite ou l'échec de ses ministres, en fonction de ce qui l'intéressera. Il a fixé les critères chiffrés attendus, il demandera aux ministres de donner les résultats chiffrés, il les publiera s'il le juge utile et démissionnera les ministres s'il les juge mauvais. Bref, en amont et en aval du thermomètre, qui trouve-t-on, Vous Savez Qui.
En plus, comme pour les expulsions, 23 000 ou 24 000 ou 25 000, cela donne du grain à moudre tous les jours aux médias, on suit la température, bientôt le JT utlisera un compteur, 24392 expulsés, +3 aujourd'hui, etc.
On n'arrête décidément pas le progrès, après la syphonnisation des mots, Vous Savez Qui a décidé de syphonner les chiffres. Façon que plus rien n'ait de sens désormais en France. Plus aucun résultat, plus aucun discours, le vide sidéral pour cacher le sien.
Publié par Anthropia à 11:04:06 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) | Permaliens
Kikuyu, quand l'ethnique a bon dos, quand on lui fait endosser des pseudo-batailles d'influences, politiques, on transforme des conflits partisans en conflits ethniques.
Nommer ce qui gêne du mot qui fait voir rouge et vous aurez tous les conflits du monde. En Irlande, on utilise catholique ou protestant. A Gaza, Palestinien ou Juif, à Dakar, l'ivoiritude. Bref de tous temps, on use et abuse du vocabulaire pour durcir les positions, pour agiter la muletta.
Et la simple idée que certains vivent aujourd'hui, ce qui s'est passé au Rwanda il y a plus de dix ans me rend malade.
Ne vous laissez pas attraper par ces mirages trompeurs. Le crime ethnique n'est pas beautiful.
Publié par Anthropia à 14:36:13 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) | Permaliens
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