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Drapeau Union Européenne
Cliché Anthropia
Chassez la directive Bolkestein, rappelez-vous cette directive qui voulait autoriser n'importe quel plombier polonais à travailler moins cher que le coût du travail dans un autre pays européen, elle nous revient par la Cour de Justice européenne, notre cour suprême à nous.
Celle-ci vient en effet d'accorder le droit à une société lettonienne de sous-payer ses travailleurs, dans le cadre d'un contrat de prestation en Suède, et ce malgré la protestation des syndicats suédois, qui ont tenté de s'opposer à ce dumping social. Cet arrêt est un chef d'oeuvre dans l'art de noyer le poisson. Dans la même décision, il s'appuie sur les différents textes européens pour souligner le droit des syndicats de protéger les travailleurs suédois, dans le cadre de la flexisécurité mise en place en Suède, mais limite ce droit à celui d'un entrepreneur à développer son business. L'argument repose sur le fait qu'il n'existe pas une loi suédoise sur le SMIC, mais des accords locaux. On ne peut donc pas s'appuyer sur une loi pour demander que les entrepreneurs étrangers respectent un niveau de salaire.
Les syndicats européens sont inquiets et s'en expliquent (ici).
Au nom de la "concurrence", on finit par privilégier l'économique et le financier, contre le droit social et le droit des individus. Est-ce une concurrence libre et non faussée, celle qui s'appuie sur le dumping, au lieu de privilégier la qualité des prestations et des produits ?
Où est donc l'intérêt général en Europe ? Qui s'en porte garant ? L'intérêt général est-il celui des business men ou celui des êtres humains de l'Union Européenne. A quand une élection des juges européens, des commissaires européens au suffrage universel, pour que notre droit à la souveraineté du peuple ne soit plus bafoué ainsi.
Dernière minute. 28.12.2007- Nous n'aurions pas eu ce problème en France, car le montant du SMIC est fixé par loi, la durée officielle du travail existe.
Mais soyons vigilants, Fillon veut supprimer la durée officielle du temps de travail et la faire décider au niveau individuel ou d'une société. A quand un SMIC négocié boîte par boîte.
Dans ce cas, nous ne serions plus protégés d'un comportement décrit plus haut. Comment faire du Bolkestein, sans avoir besoin de directive.
Publié par Anthropia à 14:35:35 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (4) | Permaliens
Publié par Anthropia à 16:13:14 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (3) | Permaliens
Air de Paris
2007
Cliché Anthropia
Le feuilleton Carla Bruni ressemble fort à ces histoires de collier de la Reine qui berçaient les manants et bourgeois du XVIIIème siècle.
Il commence pour moi il y a quelques années, avec le film de Valéria Bruni-Tedeschi. Elle donnait dans l'auto-fiction et racontait sa rivalité avec sa soeur, course à la notoriété, laquelle est la plus belle, laquelle fait le plus parler d'elle. Valéria se lamentait, se présentant comme la victime de cette soeur, qui lui a toujours brûlé la politesse, piqué ses moments de reconnaissance parentale et sociale.
Puis l'histoire se poursuit avec le best-seller de Justine Lévy, la fille de BHL, qui raconte par le menu, le tout petit menu, son histoire d'amour avec Raphaël Enthoven. Il l'aime, elle l'aime. Tout va bien. Jusqu'à l'arrivée de la méchante Carla, qui passe d'un coup de foudre à l'autre, des bras du père Enthoven, ami de BHL, aux bras du fils, Raphaël. R.A.P.H.A.E.L. Comme dit la chanson. Un petit naît. Juste le temps que la belle Justine se console dans les bras du Brésilien chevelu frisé, qui fait la pub à la télé.
J'en étais là, moi, naïvement. Et voilà que Valéria sort un film, Actrices, dont elle est l'héroïne, une belle affiche où elle trône en belle blonde. Et devinez quoi, la soeur lui fait le coup du siècle, ce qu'il est convenu d'appeler le coup de La Dame de Coeur. Pour lui piquer la vedette, encore et encore.
La volage cède aux sirènes du pouvoir, tout pour exister encore, tout pour royaler, pour faire la nique à sa soeur.
Et ce soir, le pauvre Raphaël était invité par Jean Lebrun, pour faire deux heures de radio, une heure avec Travaux Publics, une heure avec Sacha Guitry dans Les Nouveaux Chemins de la Connaissance sur France Culture, façon de gommer un peu l'énorme médiabrushing inévitable sur toutes les TV.
Voilà la vie de nos people, qu'ils nous racontent de films en livres, de livres en chansons. A quand N.I.C.O.L.A.S. ?
Berk, berk, berk.
Publié par Anthropia à 20:08:13 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) | Permaliens
Quand on regarde France 2, et notamment la Rédaction, on constate qu'un certain style, que je nommerai Chabichou, s'empare de la langue des journalistes, façon Chabot, et autres présentatrices de JT ou d'émissions grand public.
Le style Chabichou ressemble en fait de près au mélange bafo-populaire et humoristique de Chabot, de grands soupirs, l'air de s'en faire pour l'interviewé, et en même temps, l'art de le tournebouler l'invité pour l'empêcher de se défendre.
C'est le style anti-gauche de France 2, développé sur un air de comi-troupier, pour ne pas être accusé de prendre parti pour Sarkozy. On s'y laisserait prendre, plus gentil tu meurs. Et pourtant, c'est devenu d'un tel systématisme, qj'on se sent pris d'un malaise, reconnaissant ce qu'il faut bien appeler un faux air amical, une fausse solidarité dans le ton, qui finit par un empapaoutage de première.
C'est ce qui est arrivé à Ségolène Royal avec Chabot l'autre soir, un air sympa dans un piège à miel, destiné à ruiner toute tentative de fournir un discours politique, tant le questionnement l'attirait sur la vie perso, l'intimité, l'anecdotique, les problèmes, la difficulté de vivre, de survivre à une élection, de continuer à vivre après un divorce.
Sous couvert d'être soutenant c'est le type même d'entretien qui donne des envies de meurtre, tant on moque de l'invitée. Une sorte d'interview de con, vous ne le savez pas, mais l'objectif est de vous faire passer pour l'invité stupide.
Alors, je n'ai vraiment plus de pitié pour Chabot -qui apparaît de plus en plus comme une journaliste sur le retour-, mais quand Schoendoerffer en fait autant en se secouant tout au long de l'émission, et ce matin encore à la minute de Vérité de Françoise Laborde avec Baylet, dans le trés énervé magazine de Lemeyrgie, je me dis que le style chabichou fait école, l'heur de ne pas paraître désagréable tout en l'étant, l'air d'avoir l'air dynamique tout en ne l'étant pas, l'art de plomber l'émission tout en faisant croire qu'elle est réussie.
Publié par Anthropia à 13:09:40 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) | Permaliens
W. Aractingy
Droits réservés
Septembre 1994
Je vois les mois qui passent et les critiques de Vous-Savez-Qui de plus en plus nombreuses, alors même que le gouvernement entre dans la peur de son chef, ne s'autorise plus aucune parole libre, et que les mesures prises sont perverties dans leur fondement même, j'ai déjà parlé ici du risque de voir les loyers augmenter l'an prochain de 3%, de la hausse du prix du Gaz (sur bases estimées doublées et réelles à partir du 1er janvier 2008), de la perte des recours possibles aux Prudhommes et dans les tribunaux (carte judiciaire de Dati), on va bientôt annoncer la carte hospitalière qui fera une coupe claire dans ce service de proximité sans oublier les centaines de petites mesures négatives, la taxe TV à hauteur de 50% pour les personnes âgées, la franchise médicale, l'éco-taxe sur les vieilles voitures, etc.
On vient d'entendre parler de la mesure en faveur des TPE et PME, la suppression de l'IFA, l'impôt forfaitaire. Sachez d'abord que les TPE ne sont pas concernées, puisqu'en-dessous de 400 000 euros, les entreprises n'en paient pas d'IFA. C'est donc pour les PME plus importantes que cette manne a de l'importance. A nouveau, on aide les plus gros.
Pour les nantis, ajoutons la défiscalisation pour 75% des investissements en actions sur l'ISF. Bref, si vous investissez 50 000 euros en actions, vous pourrez en retirez 37 500 au titre de la défiscalisation. Et le tout à l'avenant. Il y a désormais moyen de ne plus payer d'ISF avec ces systèmes. Quitte à perdre 50 000 euros, autant s'enrichir en l'investissant que de payer l'impôt. Gageons que ce seront les entreprises du CAC 40 qui bénéficieront de ces investissements.
Je vois les mois qui passent et notre impuissance augmenter, pas de contre-pouvoir, la presse est muselée, certains sont même mis en examen, voir Guillaume Dasquié (ici), pour avoir sorti la vérité.
Je vois les mois qui passent et le sentiment intolérable que nous ne rattraperons pas ces années à dilapider le bien public, à supprimer le bonheur de vivre en France : rien ne résiste et notre verbe, nos manifestations, nos grèves passent sur le cuir tanné de Vous-savez-qui ? sans l'entamer, sans l'effaroucher d'aucune façon.
Vous-Savez-Qui se révèle de plus en plus comme ce qu'il est, un arriviste, un cynique, un ami des dictateurs, des escrocs d'Etat, et rien ne semble pouvoir entamer l'ultra-pouvoir et l'ultra-libéralisme de ce qu'il faut bien appeler notre « grue », au sens où La Fontaine l'entendait, dans «Les grenouilles qui demandent un Roi ».
Publié par Anthropia à 14:56:12 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (2) | Permaliens
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