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Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où sinstallent mes textes et billets d'art contemporain

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Dont acte | 13 septembre 2007

 

Ah, ça fait du bien. Je lis Libé ce matin et je trouve enfin un article mieux balancé sur la gauche d'aujourd'hui, article qui a évacué le concept tordu de libéraux-autoritaires, pour mieux faire comprendre que certains à gauche sont pour un pragmatisme, pour traiter les problèmes et ne pas fermer les yeux, faisant face à la mondialisation, aux problèmes de sécurité et l'environnement, tout en gardant comme points forts les fondamentaux de la protection sociale des salariés et des précaires.

 

Manquent sans doute les vieux, ceux qui nous ont fait perdre les élections. Pour eux, la gauche n'a pas encore de discours, elle ne les traite que comme pauvres, précaires, parmi d'autres, mais il y a une spécificité de cette catégorie sociale. A la gauche de la voir. Je pense réellement qu'il nous faut regagner la confiance de ces centaines de milliers de personnes qui regardent TF1 et absorbent sans recul le discours sécuritaire, ainsi que l'allant de Sarkozy. En fait, c'est le discours de la victime qui ne passe plus, car tout le monde est victime en France, on n'est donc plus solidaire d'autres "plus-victimes-que-soi".

 

Mais bon en attendant, et peut-être bien à Grenoble ce week-end, merci, Monsieur Joffrin. Ca fait du bien de vous lire sur une double page, votre pensée s'y déploie pour notre plus grand bonheur.

 

 

Publié par Anthropia à 10:56:59 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

Libé, ROT AUTORITAIRE | 12 septembre 2007

 

Libéraux autoritaires, les gens de gauche, comme le prétend Libé en page 2 de ce jour  ? Qui invente les titres chez Libé, on se le demande.

 

Le dernier « événement-sondage » publié dans Libé d'aujourd'hui, « La gauche vire-t-elle à droite ? » est un événement en effet, car il impute à LH2, l'institut de sondage, auteur de l'étude commentée par Libé, des conclusions et des analyses dont d'autres travaux réalisés par eux sont bien éloignés.

 

Rappelons que LH2 avait réalisé en août dernier des entretiens avec des sympathisants de gauche, dont les verbatim peuvent être lus ici, et qui faisaient apparaître un vrai souci d'un parti pragmatique, soucieux des pauvres.

 

Le mot « libéral-autoritaire » n'apparaissait nulle part. Il n'apparaît pas non plus dans les réponses aux questions de ce sondage. Et le moins qu'on puisse dire c'est que ce concept n'est pas le prolongement naturel de ce qui est dit par les gens de gauche interrogés. Leurs priorités en hausse de plusieurs points : l'égalité des chances, l'éducation, les salaires, les dépenses publiques, la croissance économique, la lutte contre la précarité. Ces idées rejoignent-elles une quelconque idéologie autoritaire et libérale ? Non. Sauf peut-être sur les dépenses publiques, mais on comprend bien là que c'est affaire de mieux recentrer les finances publiques sur les objectifs prioritaires des Français, puisque l'éducation et la précarité sont largement plébiscitées.

 


Ces idées mettent-elles l'accent sur une hausse de la priorité à donner aux questions de sécurité et de contrôle de l'immigration ? Non. Pourtant, le schéma infographique de Libé censé résumer le scope idéologique du PS met ces valeurs comme caution des soi-disant Libéraux autoritaires. Je l'ai scanné pour vous, mais il fait une page entière dans le numéro de Libé de ce jour.


 

Environnement et croissance économique sont mis dans le giron d'un pseudo social-libéralisme, dont Delanoé et Strauss-Kahn seraient les porte-drapeaux. Comme si l'environnement n'avait pas figuré comme un pilier central du programme de Ségolène Royal ? Comme si la social-démocratie se définissait pas le mot « environnement » ?


 

En revanche, si le schéma ne montre pas Ségolène Royal sur l'axe « libéral-autoritaire », Libé n'a pas osé, il n'y positionne semble-t-il que le peuple de gauche -merci pour lui-, c'est pourtant ce qui est dit dans le contenu du sujet, quand on rappelle « l'ordre juste », slogan de la campagne de la candidate.


 

Ce dossier est un bel exemple de ce que les médias peuvent induire d'une étude, l'édito de Joffrin, que j'admire en général, tentant ici de dire tout et son contraire, de noyer le poisson, d'une manière tellement attentatoire à une juste interprétation des questions posées aux sondés, que c'en est offusquant.



 

Je serais d'avis que Libé apprenne à « nommer » mieux les résultats d'études, qu'il n'amalgame pas dans des catégories incongrues et qu'il respecte mieux la parole simple des sympathisants de gauche, au lieu de les déguiser en libéraux, sécuritaires de surcroît.

  

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 11:40:31 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

Harry, un ami qui me veut du bien. | 09 septembre 2007

 

 

 

J'ai encore quelques amis sarkozystes. Enfin, ce n'est pas cela qui les caractérise comme mes amis, mais il se trouve que, bon, de temps en temps, je lève quelque peu mon armure, enfin vous voyez quoi.

 

Et hier, Harry m'a appelé. Après les figures de politesse rituelles, l'invitation à dîner, les menues blagues, il s'est mis de lui-même à parler du petit monsieur. J'avoue que je suis lâche et qu'avec ceux dont je sais qu'ils naviguent en permanence dans le monde des patrons aficionados du Résident, je ne cherche pas la bagarre, c'est pas bon pour les nerfs, l'estomac et la bonne humeur.

 

Mais quand c'est Harry qui s'y colle, la dernière fois c'était véhément, j'avoue que j'ose répondre. Il parle de ce petit monsieur, donc, et de la nécessité d'une plus grande flexibilité. Je riposte. Mais regarde, sur les contrats séniors, 3 ans, la flexibilité absolue, les patrons n'en ont signé que 14 pour toute la France. S'ils avaient vraiment besoin de flexibilité, ils en auraient usé et abusé. Le seul problème des patrons, c'est qu'ils n'investissent pas dans les produits, ils ne développent pas. L'argument de la flexibilité, c'est idéologique, le seul argument, c'est qu'il n'y a pas de commandes. Et que les banquiers ne prêtent pas pour le développement.

 

Il reprend courageusement. Mais Sarko a un projet pour la France. Je m'insurge, aussitôt sur le qui-vive. OK, quelles mesures a-t-il prises ?

 

Alors Harry, qui est Irlandais, ancien d'Oxford, super businessman, se met à me parler de Margaret Thatcher.

 

Et de me dire que Margaret, elle, a pris son temps pour démanteler et casser le « logiciel » des Britanniques. Elle a attendu d'avoir gagné sa guerre des Maldives. Elle a attendu d'avoir sa légitimité pour y aller. Je me dis in petto que Sarko pourrait bien suivre le modèle et nous lancer dans une bombinette, juste pour dériver l'attention.

 

Il ajoute, regarde Sarko, il a un programme. Va-z-y, cites un objectif ? Fièrement. Tiens, que chaque Français soit propriétaire, c'est un programme ça non ? Je demande, alors que fait-il pour cela ? Les 750 €uros de crédit d'impôts, c'est du pipeau. Et il n'a augmenté le SMIC que de 1%, ce qui ne couvre même pas l'inflation réelle. Quant aux salaires des Français, moins de 1500 €uros/mois pour les ¾ d'entre eux, combien de temps faudra-t-il pour qu'ils deviennent propriétaires à Paris, à 7 000 €uros le m2 ?

 

La conversation monte un peu. Et soudain, j'entends une émotion dans la voix d'Harry. Il ne supporte pas mes arguments, je lui casse son rêve. Lui ce qu'il aime, c'est y croire. Il aime croire à Sarko. Quand j'entends cela, mes antennes se développent. Si on est dans le registre de la foi, alors il n'y a rien à faire. Juste à attendre, laisser quelques arguments sur le bord du chemin, au cas où la personne en viendrait à réfléchir vraiment et basta.

 

En fait, en entendant Harry, je me suis demandé si ce n'était pas son tour, à cette droite, d'avoir un leader charismatique, un Dieu, un Ideal. Je sentais bien qu'à lui asséner des faits, il n'en avait rien à faire. Il voulait rester dans un optimisme dynamisant, une bonne humeur de celui qui pense que tout va bien se passer, que la croissance sera au rendez-vous, que la France va aller mieux, que Kouchner est un super ministre des affaires étrangères, que Sarkozy a une vision pour la France, que ses ministres d'ouverture montrent bien qu'il n'est pas affairiste, sinon il aurait nommer ses potes, Devedjian et les autres.

 

Et j'ai rangé mes arguments affûtés dans leur étui, j'ai remisé mes sifflements de serpente, j'ai laissé filé, parce que je me suis dit que l'état de grâce allait durer un peu plus que 100 jours et qu'on n'était pas prêt de réconcilier la France.



 

Publié par Anthropia à 12:37:45 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (15) |

Quand Luciano cache la lumière | 06 septembre 2007

 

Aujourd'hui, Luciano était partout sur les écrans. Alors le taux de croissance revu à la baisse par l'OCDE passait vraiment pour une information de seconde zone.  

 

J'imagine que Sarkozy ira aux obsèques, histoire de le remercier de ce service insigne qu'il lui a rendu.

 

Et quand Sarkozy nous confie qu'il ira chercher lui-même la croissance, que veut-il dire ? En Libye, vendre des avions, des armes pour que le PIB remonte, du seul fait de ces prestigieuses exportations ? Ou bien chez d'autres amis bien nantis.

 

Une petite information est passée dans la presse de cette semaine. Une femme a hérité de l'ancien numéro de portable de Sarkozy. Qui a reçu des milliers de messages flatteurs le félicitant de son résultat. Elle confie qu'elle a eu par exemple le message d'un avocat lui promettant qu'ils feraient de bonnes affaires.

 

Moi je n'sais pas mais quand on est élu Président, c'est pas précisément pour faire de bonnes affaires, ou bien ? Ces avocats d'affaires sont finalement assez peu informés. Ou bien ? 

 

Vous m'direz, c'était p'têtre un ami de seconde main, puisqu'il n'avait pas le nouveau numéro. C'est ça aussi devenir Président, changer de numéro, pour choisir ses nouveaux amis. Ceux qui proposaient depuis des années de l'emmener dans un bateau, par exemple.

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 21:25:48 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (3) |

Géopolitique de la blonde, syndrôme de la modernité creuse | 02 septembre 2007

 

Montrer ici la vidéo n'a pas pour but de dénoncer une pseudo fragilité sémantique et psychique de personnalités à la chevelure claire, mais bien de montrer en quoi cette fille croît être l'image de l'intelligence et de la rhétorique parce qu'elle énonce des phrases dans lesquelles les mots Irak, South Africa, c'est-à-dire les mots de la géopolitique, apparaissent. Dans cette Amérique frileuse et repliée sur elle-même, évoquer l'étranger, ces pays où Georges Bush lui-même n'est venu que récemment, c'est s'imposer socialement. Elle veut donc montrer sa capacité à dépasser sa simple apparence physique en donnant une bonne impression intellectuelle. Encore renforcée par le 'I personnally believe', qui impose l'idée qu'elle est un sujet, qu'elle a une opinion, qu'elle sait s'engager en parlant de ce en quoi elle croit.

 

Pour renforcer son discours, il lui faut positiver, car elle est une bonne Américaine, prête pour la success story, pas une looser. Elle va ainsi démontrer son altruisme, la bonne intention résidant dans le fait qu'elle pense que les USA doivent aider ces pays, les USA étant les USA, superpuissance qui doit montrer l'exemple.

 

Pas de chance la question de la spectatrice est faussement géopolitique. Elle rappelle simplement que de nombreux Américains ne savent pas situer leur pays sur une carte du monde et aborde l'angoissant problème d'une Amérique inconsciente d'elle-même, de sa localisation même.

 

La blonde tente d'abord de répondre, en énonçant une énormité, les Américains n'ont pas de carte, c'est pourquoi ils ne sauraient pas se situer. Tout plutôt que critiquer les Américains. Puis très vite, elle réalise l'erreur: dire que les Américains n'ont pas les moyens d'acheter une carte, ou n'en ont pas eu l'idée, dans ces deux cas, c'est noircir l'image de l'Amérique, elle comprend qu'elle vient de dire une stupidité sans nom, elle part alors à la dérive, en se raccrochant aux branches de son médiatraining, comme un train sur le point de dérailler qui trouve une voie secondaire pour finir sa course. 

 

 

La réponse est à l'image de notre modernité creuse: une personne inconsciente de ce que son cerveau émet comme message, dans la toute-puissance de l'enfant non encore individué, dit les mots intelligents sans en comprendre le sens, dit les bonnes intentions car on ne pourra pas le lui reprocher, mais fondamentalement ne peut comprendre la question de l'autre, sa position, ses présupposés ou ne peut parvenir à y répondre, car il faudrait alors mobiliser des moyens qu'elle n'a pas et s'apercevoir qu'il y a autre chose dans le monde que son égo-narcissisme.

 

J'ai le souvenir de ma petite soeur qui enfant à 3 ans ne parvenait pas à comprendre nos conversations de grands. Un jour, elle s'est approchée de nous et a dit : que pensez-vous de la révolution calcique ? Devant notre mine effarée, ne sachant de quoi il s'agissait, elle s'est mise à rire, bien contente d'avoir tout à coup introduit trois secondes de doute dans nos certitudes de cerveaux. Cette blonde me fait le même effet, son imperturbable aplomb pourrait nous faire douter de ce que nous entendons, peut-être est-ce nous qui n'avons rien compris, après tout celui qui a l'air si sûr de lui n'a-t-il pas forcément raison ?(1)

 

 

Mais qu'avons-nous donc fait pour qu'on nous déteste tant se demanderont de nombreux Américains après le 11 septembre.

 

 

Je parie que celle-ci ne sait pas non plus pourquoi le monde entier s'est mis à rire en la regardant en boucle sur Youtube.

 

 

-

(1) Cela me fait d'ailleurs penser à Sarkozy qui énonce une certitude que jamais non jamais il ne saurait privatiser GDF... et quelques années plus tard la certitude inverse. Tout est dans le ton, dans l'aplomb et le champ sémantique de mots volés dans la sphère des discours intelligents.

 

 

Publié par Anthropia à 10:14:00 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (2) |

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