Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où sinstallent mes textes et billets d'art contemporain

Présentation

anthropialeblog@gmail.com 


Droits réservés

Compteur

Depuis le 13-10-2006 :
1616224 visiteurs
Depuis le début du mois :
109323 visiteurs
Billets :
1212 billets

Wikio

http://www.wikio.fr

Piano III | 23 mars 2007

James Hopkins


Sliding the scale

 

2006

(droits réservés)

Publié par Anthropia à 11:41:34 dans Piano | Commentaires (2) |

Piano II | 23 mars 2007

Joseph Beuys

Infiltration homogène pour piano à queue

1996

 

(droits réservés)

 

Publié par Anthropia à 11:19:34 dans Piano | Commentaires (0) |

Piano I | 23 mars 2007


Nicolas de Stael

Le Concert

(droits réservés)

Publié par Anthropia à 11:17:36 dans Piano | Commentaires (0) |

La poule au grain | 23 mars 2007

 


 

 

  

J'avais six ans, quand pour la première fois on m'envoya chez mon professeur de piano. Une fois par semaine, j'allais chez Mademoiselle Masson. Elle avait moustache drue au-dessus des lèvres, un air toujours bon enfant, les yeux marron malicieux. Je l'imaginais dès la montée des escaliers, les marches de bois cirées, à large gire,  au tapis épais. L'odeur de cire a valeur pour moi de madeleine, une promesse de joie, une prémisse de musique.

 

Mademoiselle Masson était ma mère en piano, Ma Son m'a appris à identifier et à faire miennes les notes du piano, celles qui se mariaient, celles qui dissonaient, qu'on laissait filer jusqu'au bord du supportable, jusqu'à ce qu'un rétablissement remette l'accord en ordre. Avec elle, il y avait du majeur, du mineur, du majeur. C'était à peu près tout, mais que c'était bon.

  

Parfois, je l'aurais volontiers entraînée dans un mineur qui ne se serait pas redressé, mais elle avait le sens du joyeux, le mélancolique, elle ne l'envisageait que quelques minutes, ne supportant que mal ces bords d'abîmes, dont on ne sait si on en reviendra entier. Elle ne se serait pas retournée sur moi, tant elle aurait craint que je ne tourne Eurydice, statue de sel, pour toujours dans les limbes bleus.

  

Avec elle, nous jouions à quatre mains. Dans ma famille, je n'avais pas appris ce qu'ensemble voulait dire, mais avec la musique, sur ce piano quart de queue que nous caressions de bonne humeur, dans l'entente tranquille d'un professeur et de son élève, sûrs de leur plaisir et de leur capacité d'y arriver, nous prenions la clef des champs, allions à la coda, reprenions jusqu'à la fin, certitude de l'ouvrage bien faite. Pas d'ambition folle du génie, non juste de la tranquille harmonie.

  

Bourgeois jeudis d'infante bien propre, bienveillance de la vie, quelques après-midi. La fébrilité active des mères sans amour a ce don de vous offrir le répit de quelques bonheurs, par inadvertance, sans bien y voir. Elle vous condamne à la bonne éducation, sans voir la lueur d'espoir, vite je cachais ma joie, ni l'émotion de la petite à se retrouver dans ce cocon de mélodie. Elle aurait pu le savoir en m'écoutant des heures durant répéter le morceau, entraîner mes doigts à faire le petit pont, délier mes épaules pour gagner en souplesse. Mais elle n'en avait que faire, la mère, elle voulait juste qu'il soit dit que dans un milieu comme le nôtre, les filles sont élevées à la broderie et au piano, comme on nourrit les poules au grain.




Publié par Anthropia à 11:11:06 dans Piano | Commentaires (0) |

1|

Mes autres textes et images

Sites à découvrir

Soutien à Aides

Pour voir le widget Aiderdonner, vous devez installer le plugin Flash :

Télécharger le greffon Flash

Novembre

DiLuMaMeJeVeSa
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930     
  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03