• Un, deux, trois, mes droits

    Jeremy Deller - Bag unmade bag (droits réservés)


     

     

    Discrimination, droit des victimes et justice.

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    Les médias nous envahissent de leurs leçons de bienpensance, cela vous pouvez, cela vous ne pouvez pas.

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    L'autre jour, on apprenait qu'un réseau d'agences intérim pratiquait la discrimination raciale, des initiales mystérieuses glissées dans le fichier permettant de comprendre qu'ici on n'embauchait pas de minorité visible. Accessoirement, il était aussi précisé que seules les femmes faisant moins qu'une taille 42 pouvaient être embauchées, mais cela, n'est-ce pas, n'est de la discrimination pour aucun des médias, qui ont cité cette mention dans le fichier sans même souligner que la discrimination était double et que les gros, les ronds et les enrobés pouvaient à juste titre porter plainte pour .... discrimination pondérale. Mais tout de même, quelqu'un d'obèse à l'accueil d'une entreprise, pas bon pour l'image. Et pour la couleur ? On le voit, entrer dans le débat mène loin.

     

    Un peu plus tard dans la journée, on apprenait à propos d'un petit garçon, dont tous les médias ont montré urbi et orbi la photo –tiens, je croyais que le droit à l'image, que les mineurs, enfin...-, bref qu'une mère indigne avait abandonné son petit dans un fast-food –on aurait d'ailleurs pu aussi lui reprocher de mal nourrir son petit, m'enfin-, et que l'abandon d'enfant était passible d'une peine de sept ans de prison. Et je me demandai tout à coup où donc était le père qui avait abandonné son petit, où étaient donc tous ces pères qui abandonnent à longueur d'année leurs petits et qui ne font jamais de prison. Ah, oui, c'est une peine réservée aux femmes, sans doute.

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    Et puisque la journée n'était pas terminée, je découvre à la lecture de mon libé quotidien qu'un homme est allé au bout de la logique, il a porté plainte pour s'être fait faire un bébé dans le dos, sans son accord. Et là tout à coup, je me suis sentie touchée.




    Car elle est compliquée cette affaire-là. D'un côté, le droit à disposer de son corps librement pour une femme, pour avoir milité durant des années à ce sujet, je suis pour.


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    Mais plutôt dans le sens du droit à la contraception et à l'avortement, et rien n'est jamais gagné, quand on voit comment les pro-life qui sont aussi des anti-femmes reviennent au galop dans les jupons de Christine Boutin, dans les cabinets ministériels, Darcos récemment commençait même à leur prêter une oreille complaisante voulant interdire un film d'information des mineurs au lycée sur les risques d'un avortement clandestin. Donc oui au droit des femmes de ne pas se voir imposer une grossesse non désirée.


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    Mais l'attitude de cet avocat qui a décidé de poursuivre parce qu'il ne voulait pas se voir imposer une paternité non désirée ne pouvait que résonner avec le précédent droit décrit. D'un côté, on pourrait se dire que c'est l'exacte symétrique de la précédente position, encore que dans son cas, il existe des moyens très précis pour ne pas faire d'enfants, au choix la contraception masculine, les capotes, la vasectomie, bref, il a l'embarras du choix. Et alors, s'il n'a pas pris de moyens pour se protéger, il acceptait donc les conséquences de ses actes, à savoir un enfant.

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    On peut donc valablement s'interroger : son attitude n'est-elle pas en fait un moyen de ne pas payer la pension alimentaire, situation que son attitude laxiste de baiseur non protégé a engendré en fécondant une femme. Dans ce cas, ne s'agit-il pas alors d'un abus de droit, d'un abus de recours à la loi, d'une manière détournée de se dérober à ses obligations en se prétendant victime.

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    De l'autre côté, quand une femme est enceinte, aux premiers mois, elle a aujourd'hui le droit de renoncer à cette grossesse. Peut-on sérieusement ne pas accorder ce même droit à un homme ? Celui de ne pas accepter sa paternité et exiger l'avortement. Et dans le cas où la femme poursuivrait dans son intention de garder l'enfant, un acte simple pourrait alors permettre à l'homme de se dégager de sa responsabilité parentale, une sorte d'avortement masculin symbolique.

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    Pour peu que la femme l'ait informé de sa grossesse, il faudrait alors prouver qu'elle l'a bien fait, que le débat intime a eu lieu, qu'il s'est soldé par un constat de désaccord.

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    Bref, tout à coup, je me retrouve à me dire que dans cette affaire, il faudrait éviter la toute-puissance des mères, qui décident seules et qui demandent la pension alimentaire, et la toute-puissance machiste, qui se défausse de ses obligations et ne paie pas.

     

     

     

     

    Il reste un droit que je n'ai pas cité, celui d'un enfant à avoir un père et une mère sitôt qu'il est né. Et dans le dernier cas qui nous occupe, ce droit-là est largement bafoué. <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName w:st="on" ProductID="La France">La France</st1:PersonName> a pourtant signé la convention des droits de l'enfant en 1989 à New York. Dans ce cas, notre avocat peut-il s'y opposer, une convention internationale s'impose-t-elle aux lois du pays ? Et que faire alors de cet étrange trilatérale, trois désirs, trois droits, celui d'une mère, d'un père, d'un enfant*, trois voies de justice possibles ?

     

    Mais tout de même, si la loi était plus anticipatrice de ce genre de situations, on n'aurait pas besoin qu'un petit en fasse les frais.

     

     

    * Pour ce dernier, le Président du Conseil général pourrait représenter ses intérêts, puisqu'ils sont distincts de ceux du père et de la mère.

     

     
     

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