• Une perfomance au domaine de Kergehennec : Bretagne

    Fenêtre 2

    Crédit photo anthropia # blog

     

     

    Fin du chapitre # 2 : oui, je sais ça recule,

    le chapitre se réorganise aussi, patience ça vient

     

     

    Une performance au domaine de Kergehennec : Bretagne |

     

    C’est sa première performance en public. Cela se passe au domaine de Kergehennec, on y a aménagé pour elle une tente blanche, le fond est un immense écran  à la taille de l'espace. Elle est face au public. Elle est l’auteure du script, l’actrice de l’événement, sur le fond, sur le mur, tourne une vidéo dans laquelle elle, devant. La vidéo d’abord, le clapotis d’une pluie, la longue litanie des cercles en gouttes d’eau, recomposées sans cesse, les gouttes en abstraction, la pluie fait des claquettes, c’est cela qu’on se dit quand on voit l’image, des cercles à côté de cercles, ça se mélange, puis se sépare à nouveau, du pâle, des éclats, de la géométrie de pointillés, des auréoles, des larmes, mais toutes rondes, les larmes dans leur passage abstrait, quand elles font forme, qu’elles ne figurent plus, mais cadrent le ready made, cadrage donc sur la pluie, puis tout à coup se mute, même abstraction, mais cette fois de courbes, éléments animés, on comprend le froid reflet de l’eau toujours, gros plan puis élargi, effet de masse, le ballet des lucioles, sur bleu, le miroitement de l’eau, d’une eau Pacifique, recul de l'objectif, hypothèse d’océan, d’une île à l’horizon, on comprend qu’il s’agit de la mer, ou d’un espace de bleu, la ligne à droite, peut-être une jetée, c’est le bord, un bord rectiligne qui marque la clôture, non la clôture, mais la coulure, une ouverture, le sens, ce qui donne le champ, la rampe de lancement, encore horizontale, mais qui fait flèche, va là-bas.. A l’horizon le vert, par une baie aperçue, la caméra remonte, donne le panorama et donc le sens, peut-être une piscine, la froide association de l’alu, du bleu et du verre, et puis un paysage, mais elle n’y est pas encore.

    Alors elle se détache, elle vient devant l’écran, elle est bleue la femme bleue, mais d’un bleu chatoyant, elle est nue face aux gens, mais son corps n’apparaît que recouvert du bleu, ça caresse, ça effleure, ça cache et ça révèle. Elle bouge lentement les bras, s’agit d’un crawl, d’une lente gymnastique, tête dedans vers l’avant, tête dehors penchée sur le côté, elle organise, respiration, mouvements de palmes des pieds, albatros elle marche empêtrée, puis retour à l’image, elle est seule à fendre les flots, pourtant ça bouge, la surface est plissée, quand elle tourne la tête, tout à coup, ne sait comment, une autre tête apparaît, n’a pas vu arriver le nageur, sorti d’une longue apnée, sans doute après plongeon, c’est pourquoi l’eau qui bouge, ne la regarde pas, nage consciencieusement le même crawl en absence, de concert et tous seuls, chacun nage sa voie, elle accélère un peu pour se mettre à hauteur, ne la regarde pas, relâche la tension, ralentit, lui aussi, semble l’attendre, elle repart, deux bonnets à présent, vues de dos, les nuques, l’humain dans le néant, même hauteur à présent, mêmes mouvements, se synchronisent, nagent en concertation sans dialogue toutefois, et ça dure et ça dure, la piscine comme marathon, comme longueur infinie, la piscine comme métaphore d’un chemin, mais lequel, fondu au bleu, au vert, réouverture, ne savons ce que nous voyons, un bonnet premier plan et puis intermittence un autre bonnet juste devant, ça monte et ça descend, comme une vague sur la vague, nous comprenons les bras de l’un juxtaposés à l’autre, nous comprenons deux corps l’un sur l’autre, nous comprenons qu’ils nagent l’un en l’autre, que l’un fait couverture, que l’autre est à l’avant, mais seuls bonnets, pas les corps, enfoncés dans l’eau, supposés, au loin un murmure, une parole d’enfant, é,é, é,é, à peine un vagissement, bébé, ça sait pas bien parler, et puis ça se rapproche, la musique à présent, un prélude, Debussy, juste les quelques notes du début, et on entend les mots, écrire, écrire, ça tremble dans la voix, et gonfle l’autre voix, celle d’un homme, douceur, où es-tu née ?, un dialogue, la caméra poursuit la route, les dépasse, puis s’éteint. Elle allongée au sol, le corps qui se soulève, qui frémit, et puis fondu au blanc.

     



  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :