• Vila-Matas : la mise en abîme

    Ronald Bladen

    Cathedral Evening

    Palais de Tokyo, 2007

    Cliché Anthropia

     

     

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    Depuis quelques jours, je suis entrée dans le livre,

    Explorateurs de l'abîme, d'Enrique Vila-Matas.

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    Comment décrire ce recueil de nouvelles,

    où l'abîme et l'art figurent

    comme personnages principaux, difficile.

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    Entrez dans le dispositif de Sophie Calle,

    non, en fait c'est le projet d'écriture

    d'Enrique Vila-Matas, enfin on s'y perd,

    car la mise en abîme vaut aussi en ce sens,

    bref, imaginez-vous le narrateur,

    sollicité par une artiste contemporaine,

    pour lui écrire le scénario de vie

    d'une année entière.

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    Elle le réalisera, moyennant

    quelques petites conditions

    que vous découvrirez.

    Enfin, en principe.

    Car la question reste en suspens jusqu'au bout.

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    C'est un superbe livre de chevet,

    qu'on déguste pour ses qualités de dépaysement

    et d'humour, ses citations littéraires,

    qui fonctionnent comme des opérateurs de récit,

    des petites bites de flipper,

    sur lesquelles on rebondit,

    Kafka et le grand-oncle d'Enrique,

    nous accompagnant pour nous guider.

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    Ce qui surprend, c'est l'hésitation,

    Vila-Matas en auteur malade,

    qui revient sur ce choix de vie,

    cet amour de l'art au-dessus de tout.

    Pour qui ?  Pour soi, pour l'art.

    Un spectacle nous intrigue,

    Miles Davis tourne le dos au public pour jouer,

    pour mieux se concentrer,

    pour oublier l'auditeur, le spectateur ;

    cette métaphore de l'artiste, les yeux à l'intérieur,

    plutôt que dans la relation au monde.

    Regret d'une époque

    où Vila-Matas écrivait sans être publié ?

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    Savoir toucher les sujets graves avec légèreté,

    redonner à l'artiste la place du risque,

    de ce regard du bord de précipice,

    qui apporte le lointain dans nos vies,

    l'étrange auquel le réel sert de contre-point.

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    Et puis décidément, cet auteur, Vila-Matas,

    qui, de livres en livres, cherche à disparaître

    dans les replis de sa narration,

    se nourrissant des souvenirs des autres

    pour faire œuvre d'auto-fiction,

    nous mettant face au néant de son identité,

    mais tellement habité de fantastique

    et de petits bouts de réalité,

    qu'il finit par faire

    miroir mosaïque de lui-même.

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    Explorateurs de l'abîme

    d'Enrique Vila-Matas

    Editions Bourgois

    23 euros

     

     

     

     

     


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  • Commentaires

    1
    yannick G
    Samedi 3 Mai 2008 à 16:29
    Vila Espagna
    Enrique Vila-Matas est l'un des auteurs que je suis fidèlement. Celui-ci, je ne l'ai pas encore lu (10/18 ou la collection Titres de Bourgois étant plus à ma portée) mais il finira entre mes mains, c'est certains. Pour l'heure, je lis l'un de ces amis... hélas défunt, Roberto Bolano, Etoile distante. Je ne serai trop remercier l'écrivain Vila-Matas d'être le lecteur qu'il est, ma bibliothèque lui en sait gré. yG
    2
    Anthropia Profil de Anthropia
    Samedi 3 Mai 2008 à 18:23
    Moi aussi
    J'aime ce jeu à la Borges, mais plus malin, plus contemporain que Borges. Et moi aussi je suis cet auteur depuis quelques années.
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