• Vue d'en haut, vu de loin, et petits accessoires |

    Vue de ma fenêtre

    Crédit Photo anthropia # blog

     

     

    Vue d'en haut, vu de loin, et petits accessoires |

     


    Audition ce jour de Mme Ida von B., grand-mère de Mme M., sur convocation suite à l’incident de la rue Donzerre. Nous avons procédé à l’enregistrement de son témoignage.

     

     « Après l’accident, ma fille est montée avec sa fille dans l’ambulance, o, ils l’ont transportée à la clinique L. à Montbéliard, oui, ma petite-fille est restée chez nous, oui, presqu’une semaine. Où elle était le jour de l’accident ? en remontant on l’a trouvée debout, derrière la porte de la cuisine, elle bougeait pas, elle y est restée peut-être une heure ou deux, le temps que l’ambulance arrive, o, on avait pas le téléphone à cette époque, on a dû aller chez nos voisins, les R., pour prévenir ; l’ambulance a mis beaucoup de temps à arriver, la gendarmerie aussi, ils ont fait le constat, o, ça faisait un tel raffut, tout le voisinage était là, Mme R., les F., jusqu’au bout de la rue, ils sont tous venus, Monsieur le Maire aussi est venu, nous a dit un petit mot, o quel malheur, o, après nous étions tellement préoccupés, on a pas vraiment fait attention à elle, vous savez, les voisins passaient, les amis sont venus aussi, c’était un défilé, il fallait leur dire ce qui s’était passé, o, oui, après, je la voyais bien, elle courait dans le jardin, elle sautait à cloche-pied, oui, tous ces jours-là, elle sautait à cloche-pied, mon mari, ça l’avait étonné, mais qu’est-ce qu’elle a cette gamine à sauter sur un pied, pour l’occuper je l’envoyais au poulailler, elle allait chercher les cocos, on avait même pas le temps de les manger, o, c’est un grand malheur qui nous est arrivé, o, sa sœur, à peine trois ans, une si jolie petite fille, vous savez, la voir comme ça, sa p’tite tête, o, mon dieu, et dire que c’est arrivé chez nous, je ne sais pas qui a laissé la porte ouverte, elle s’est échappée, ma fille revenait d’Audincourt, oui, de la leçon de piano de ma petite-fille, elle est revenue avec les filles, elles ont poussé le portail, les filles ?, oui, sa cousine, Alliette, elle arrivait de Sacramento, oui pour un an, je les ai tous eus les petits, un an chacun leur tour, que mon autre fille m’envoyait pour apprendre la langue, oui, mon gendre était allé la chercher à l’aéroport de Frankfort la veille, ça a été un choc pour elle aussi, o. La petite s’est sauvée, on l’a pas vu passer, le temps que ma fille aille chercher ses vêtements dans la chambre, qu’elle vienne à la cuisine, j’avais des légumes à lui donner, on a parlé p’têt’ deux minutes, pas longtemps, on l’a pas vue se sauver, elle a dû passer par derrière, c’est si vite arrivé, et la voiture roulait trop vite, je l’ai dit ça à la gendarmerie quand ils m’ont interrogée, y avait pas de panneau, alors les voitures allaient toujours trop vite dans notre rue, oui, maintenant y a un feu, au bout, en face de la fromagerie D., mais avant y en avait pas. Oui, c’est seulement au bout d’une semaine qu’ils l’ont emmenée à Colmar, en rapport avec le coma, o, combien de temps ils ont fait le trajet, trois mois, ma fille et mon gendre y allaient chaque soir, soixante kilomètres, ça fait une trotte, c’est qu’c’est pas la porte d’à côté, Colmar, au début ils y allaient seuls, après le dimanche, ils ont emmené les enfants. Oui, à l’Hôpital Pasteur, ah, c’est après la visite de l’hôpital que c’est arrivé, ah, j’comprends mieux, parce qu’elle est pas comme ça, c’est une bonne petite, Maïne, oui, elle fait des expositions, elle m’a invitée, mais, non, je n’y suis jamais allée.»

     

    Intégré dans Casse-auto # 1

    Je les entends ses petits o, sans souffle, juste posés, le soupir. Cœur qui soupire n’a pas ce qu’il désire, disait-elle.  

    Mais ils apparaissent aussi comme des lettres perdues, d'une vieille machine à écrire d'un agent administratif, dont les o lui échappent.
     

    Ce serait un audit des voix d'enfance, capter les micro-bulles de sens, qui donnent vie.

    Toujours mes problèmes de photoshop, donc pas possibilité de mettre au format. Il faut que je m'en occupe cette semaine.

    Coucher de soleil à cette heure, c'est pas vraiment tip top. Va falloir remonter la scène du piano et descendre à la place celle de la vaisselle, pour la musique, c'est plus chronologique.

    Une crainte toutefois sur l'avancée du récit, à petits pas.

     

     

     



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