Par Anthropia
Julien Crépieux
Impression Soleil
Une exposition du 6B
Crédit Photo Anthropia
De la création de la cellule REAGIR un peu trop tard pour ce qui nous occupe |
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Ma tête entre les barreaux de la grille d’entrée, les traces sur la route les longues traces grises pour les pneus sur le bitume et puis plus loin, la tache noire, presque ronde, et des toutes petites, juste à côté. Les taches, pour quoi ?
A cette époque, les rapports d’accidents étaient assez sommaires, on ne dessinait pas le corps à la craie sur le sol, tout juste relevait-on la longueur des traces de freinage et entourait-on les traces d’un cercle de craie.
C’est seulement en mille neuf-cent-quatre-vingt-trois, que le Programme REAGIR a été mis sur pied. J’avais rencontré par un hasard professionnel le délégué interministériel au ministère de l’équipement, qui avait inventé le sigle. REAGIR signifiait « Réagir par des Enquêtes sur les Accidents graves et des Initiatives pour y Remédier ».
Les principes étaient les suivants, à la suite d’un accident, le Préfet désignait une commission d’enquête comprenant la gendarmerie, la direction départementale de l’équipement, le SAMU ou les pompiers et la sécurité routière. La commission analysait les faits et mettait en place des dispositifs de sécurité, pour que ça n’arrive plus.
Quand le délégué m’avait expliqué tout ça, j’avais pensé qu’ils auraient dû s’en occuper quelques années plus tôt.
En mille neuf-cent-soixante-six, ils n’avaient pas encore analysé les risques de la route en face de chez Grand-mère : pas de panneau de limitation de vitesse au début de la rue, pas de feu à l’intersection, pas de passage piétons. A peine une esquisse de trottoir. Le portail du jardin donnait sur un chemin de terre, au même niveau que la chaussée.
Les marques au sol, c’était sa trace, c’était tout ce que je devinais.
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