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Débris de semaine 11 : La réalité ?

Paul Thek

Serie de reliquaires technologiques

Crédit photo Anthropia

 

Lundi

Un patron qui ne sait pas combien son service produit,

dans quelles villes il le fait,

avec combien de personnes,

et combien de coûts induits par la planification,

s'étonne d'être dans le brouillard. Moi pas.

 

Mardi

Dix entreprises clientes viennent de m'annoncer qu'elles licencient

environ 10% de leur personnel, perte de chiffre d'affaires 30%,

elles sont dans l'immobilier, soit les clients n'achètent plus,

soit ils veulent acheter mais les banques ne prêtent plus.

Surprise : une des entreprises ne licencie pas.

Le patron a fait une réunion avec son équipe

pour réduire tous les postes coûteux,

sauf ceux de personnel,

"on va se serrer la ceinture, mais ensemble, tant qu'on peut".

 

Mercredi

Un ami d'un grand groupe américain m'annonce qu'il va être licencié

de son poste de responsable de la comptabilité,

pour cause d'externalisation en Inde, tout le service est viré,

cela faisait deux ans qu'il formait les Indiens,

maintenant les Indiens vont faire sans eux,

il n'est pas amer, il voit ça comme une opportunité,

au passage il rappelle qu'il leur a économisé 5 millions d'euros

lors du dernier contrôle fiscal,

je me demande si les Indiens en feront autant si cela se reproduit ?

Il va prendre un avocat, c'est plus sûr.

 

Jeudi

A propos du petit Illyès,

le responsable de l'AP-HP rappelle

que ce n'étaIt pas un problème de personnel,

le service pédiatrique avait deux médecins,

quatre internes, huit infirmières, que sais-je ?,

non c'était un problème de livraison,

le journaliste ne demande pas si l'équipe

chargée de la logistique des médicaments,

n'a pas été réduite,

parce que le journaliste ne creuse pas ses sujets,

ou qu'il n'y connait rien à l'organisation.

Moi qui ai fait du conseil dans les hôpitaux,

je sais qu'on ne peut pas réduire le nombre de professionnels

en face à face patients,

cela fait partie des exigences des accréditations,

mais rien n'empêche d'en supprimer dans le back-office,

en pharmacie centrale, dans les supplies chains,

et voilà comment les journalistes

se font avoir avec leurs questions à deux balles.

 

Vendredi

Esther Duflo dit que les grands économistes spécialistes

ne comprennent rien à la crise.

 

 

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