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Ecrire, dit-elle II

Oeuvre de Christophe Dumont

crédit photo anthropia # blog

 

 

Ça tremble encore, je ne sais pas bien où je vais, évidemment qu’il faut tout recommencer (clic), dans le souci de structure, d’unité, de temps du récit, le décomposé m’étant donné, il m’appartient de composer, ma symphonie, je n’aime plus vraiment les symphonies, trop écoutées durant mon enfance, et pourtant là se puise la source d’imaginaire, en quatre mouvements, une contrainte.

Fermer la porte, la métaphore n’est pas bien choisie, parce que la porte ouverte fermée ouverte ne peut pas l’être, tout en devant l’être pour qu’une autre s’ouvre. La fermer serait reconnaître que j’aurais dû, mais à huit ans, et seul importe l’enfant qui se cache derrière la porte, c’est sortir de derrière la porte qu’il me faut, me mettre en cuisine, à la cuisine, à cuisiner, mon bureau dessiné spécialement, une pièce, entre cuisine et pièce à lire, guetter le parfum des épices, l’eau qui bout, sentir l’odeur vivante d’un plat qui vient à maturité, tout en humant les livres de la bibliothèque.

Ecrire, dit-elle, sachant ce que j’ai appris depuis six mois et j’ai renoncé, à l’égo triste, mon réflexe de succion de bébé insatisfait, garder ces instants de transe, de tremblement de soi toutefois, mais les souder à la non-linéaire linéarité d’un texte qui s’invente, de personnages qui jouent ensemble, puis le style, a pas peur, puis les paysages, m’irriguer, je suis allée en puiser certains durant cette courte semaine dernière juste pour me mettre au diapason des cieux, un repérage dit-on en art cinématographique, le cadre y est donc, ma ville, la ville d’enfance et puis ces autres qui ont compté, le thème aussi, ou plutôt les thèmes qui se tressent les uns aux autres, le registre, aïe pas toujours, accepter les intrusions techniques, d’art imaginaire, de musique aussi, garder les intertitres, les insérer dans le corps du récit, composer l’incomposable. J’y ai des maîtres, Dos Passos, Claude Simon, Proust, Faulkner et tous ces auteurs que je lis à longueur de jours, notamment et notablement ceux de Publie-net, les grands Allemands pour l’aspect lyrique -je n'y renonce pas- et fantastique des choses, les poètes, tous les poètes, et ces artistes plasticiens qui mixent, remixent, et reremixent dans les expos et sélectionnés ici sur ce blog.

Et ce sera sonore. J’aime entendre les portières d’auto claquer dans la nuit. Je n’aurai pas les trois semaines en continu, mais suffisamment pour avancer jusqu’au point de rentrée.

 

 

 



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