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Filippis, c'est nous

Frères Chapmann

Courtesy The White Cube, London

FIAC 2008

Crédit photo Anthropia

 

Etrange sentiment, toutes ces réactions autour de l'affaire Vittorio de Filippis.

Nier les faits, de la part des ministres,

c'est manquer de vision,

c'est s'accrocher à une procédure qui de toute évidence est dépassée,

qui de toute évidence est abusivement appliquée,

petits pouvoirs des policiers, petits pouvoirs des juges.

Mais toutes ces réactions me semblent à la hauteur

du soulèvement de coeur que j'ai éprouvé à lire l'interpellation.

Le corps nu de Filippis, c'est le mien,

deux fois déshabillé, deux fois devant tousser,

image obscène du pouvoir sur l'annal,

vos sphinctères leur appartiennent,

le coton-tige pour l'adn, la fouille au corps,

quel étrange métier que celui de policier.

Et je me dis que Filippis, c'est nous,

qu'il nous révèle que le sarkozysme, ce prétendu champion des victimes,

est en train de les multiplier par ses outrances,

faire de nous tous des victimes, ce n'était pas dans la promesse de campagne,

mais de plus en plus, nous sommes amenés à voir

ce qui se trame sur le vaisseau-amiral,

sur le pont, l'homme en uniforme blanc, qui parade,

dans les soutes, des hommes qui font le sale boulot,

en douce, en violence, en se payant sur le cul,

parce qu'au moins là, y a de la jouïssance, "tous des racailles",

Sarkozy se ferait doubler par l'étrange salaire de la peur infligée,

ses bourreaux se vengeraient du sale destin,

qui leur est fait par le maître qu'ils se sont donnés.

Et même Sarkozy prend peur, il dit qu'il faut revoir les procédures,

il doit les tenir, ses exécutants des basses oeuvres,

si jamais les victimes se retournaient tout à coup

pour mordre la main qui caressait mais qui s'est mise à faire mal.

 

 

 

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