Par Anthropia
Pierre Huyghe
A journey that wasn't
2008
Courtesey Galerie Marian Goodmann
Crédit photo anthropia # org
Ecrire, corriger, effacer,
reprendre le style,
revoir la ponctuation elle m'entraîne souvent
mais c'est le rythme qui dicte,
et parfois cet étrange enjambement
entre la phrase qui précède
et celle qui suit, je sais,
ça fait courroie d'entraînement,
on hésite, on recule on repart
un peu comme moi, c'est mon doute
qui travaille là.
Ecrire, corriger, effacer, reprendre,
ce sera donc un numescrit
à ciel ouvert, c'est même ça la différence,
une mine à ciel ouvert,
ça s'écrit pour moi, pour l'autre,
pour certains, contre quelques-uns,
en réseau avec et contre,
et merci aux amis lointains
qui font signe, et c'est bien.
Ecrire, corriger, effacer, partir,
ça le fait,
ça prend un peu de temps,
faut habituer la grenouille,
en chauffant l'eau peu à peu,
légèrement décepter
puis montrer que non décidément non,
c'est plus possible,
fallait d'abord que je me le dise à moi-même,
et ça c'est fait depuis quelques semaines.
C'est une construction de vie,
une transposition de paysage aussi.
Que dire enfin de ce qui précède,
que je commence à voir mon imaginaire,
je le découvre, voyez-vous,
il manque encore de chair, de sexe, de violence,
vous allez me dire, y en a plein ton blog de tout ça,
mais ce qui compte c'est de tresser le corps avec les images,
de faire du fantasme un flux d'images rieuses,
de mettre le couteau dans la jouissance,
et que la jouissance éclate en étoiles,
pas juste du point G savamment orchestré,
de l'exubérance incarnée, de la solitude traversée,
par lui, nom d'une torah,
et merdre à mes chiens.
Et si je mets pas les liens
avec tous ces beaux textes que je lis,
c'est que j'ai pas le temps.
Je cours après la vie.
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