Par Anthropia
Sylvain Bourget
Les objets records, le cadenas 1/28ème, 2009
Salon de Montrouge
Crédit Photo Anthropia
J'admets bien volontiers
que sur ce coup-là, je n'ai rien vu venir.
J'entends en différé la chronique de Didier Porte,
qui m'énerve, je la trouve vulgaire et pas drôle du tout,
j'aime qu'on moque Sarkozy et Villepin, mais avec humour,
on peut tout de même être créatif, non ?
Puis je vois le soir la grande sortie moralisatrice de Demorand sur Canal+.
Je la trouve un peu emphatique, mais bon,
je mets cela sur le compte d'un ressenti,
d'une remarque spontanée.
Puis sur @si (ici), j'apprends que Porte a reçu un avertissement
par courrier recommandé.
Cela me choque, quel manque de proportionnalité,
mais j'imagine qu'un avertissement n'est pas un limogeage,
que voulez-vous dans mon métier,
il en faut trois pour pouvoir virer.
Donc je ne m'inquiète pas trop,
Je lis les posts indignés de Daniel Schneidermann,
je trouve tout ça un peu disproportionné.
Puis ce matin, tombe la nouvelle (ici).
Porte ne serait pas reconduit. Et je comprends,
l'exécution sans sommation, l'avertissement performatif,
je t'avertis, je te bute, dans le même mouvement.
Et là, je comprends que les grandes manoeuvres se précisent,
ici, le chien médiatique, ici,
la censure s'abat en commençant par un sous-fifre,
tactique préférée pour effrayer tout le monde,
ou habituer la grenouille spectatrice à l'augmentation de la température.
Je regrette d'avoir vu tout ça un peu tard,
j'en suis désolée.
Mais je propose que tout de suite, nous soyons des milliers à poster,
à commenter, à nous indigner sur ce qu'on vient de faire à Porte.
Pour qu'à tout le moins cela se sache que les hommes du Président
se couchent, "les plus brillants en perdant leur âme".
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