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Le pas aveugle : une femme, l'amour, la psychanalyse

Robert Indiana

Love Red Violet

Fiac 2007

Cliché Anthropia

 

 

 

 

Le pas aveugle

Une femme, l'amour, la psychanalyse

Marie-Claire Grafé

Denoël

 

 

 

"Elle est écartelée entre deux villes, Paris et Bruxelles.

Et entre deux hommes, son mari et son amant,
qui vivent l'un dans la capitale belge et l'autre dans la capitale française.
La jeune femme ne cesse de faire des allers et retours entre ces deux villes,
ces deux amours, incapable aussi bien de supporter cette situation
que d'y mettre un terme.
 
L'histoire se passe au début des années 60,
alors que s'amorce la libération des mœurs
qui culminera à la fin de la décennie
et pendant que la guerre d'Algérie se dirige péniblement vers son terme.

Alors aussi que l'effervescence intellectuelle bat son plein,
en particulier dans le Paris de Claude Lévi-Strauss,
Louis Althusser, Jacques Lacan et leurs disciples,
que croisent, au hasard des rencontres,
des amitiés et des réunions de travail,
l'héroïne du livre et ses proches.
 
Un récit intime qui a pour cadre le monde intellectuel
d'une époque fort bien reconstituée ? Pas seulement.
Le Pas aveugle relate - et c'est une première -
ce qui s'est dit séance après séance, quasiment au mot près,
pendant toute la cure psychanalytique de l'auteur
avec un praticien alors fort connu sur la place de Paris.

Ce qui se disait côté divan comme côté fauteuil
au cours de ces séances était noté en effet quasiment " en temps réel " par la patiente,
au cours de ses voyages Paris-Bruxelles.
Ayant retrouvé il y a peu ces textes profondément enfouis depuis un demi-siècle,
Marie-Claire Grafé a décidé de les publier.
Ce qui nous vaut ce document exceptionnel
qui témoigne de l'intérieur et sans tabou d'une analyse."
 
Qu'ajouter à cet excellent résumé de la 4ème de couverture.
Que ce livre est le réel pédalage de celui qui entreprend une analyse,
jamais sûr de ce qu'il dit, de ce que cela signifie,
toujours dans l'à-peu-près, dans l'incapacité de se voir,
avançant pas-à-pas, avec la forte impression de se perdre,
se perdant, mais à travers ce cheminement,
trouvant quelque chose qu'il n'avait pas prévu.
 
C'est le livre le plus authentique sur une psychanalyse
que j'ai pu lire, parce qu'il ne reconstruit pas dans l'après-coup,
mais reprend chaque séance avec son aspect décousu,
son imprécision, sa redondance,
cette incessante répétition du symptöme, du discours de plainte,
de cette impression de l'impasse qui ne passe pas.
 
Le pas aveugle, au sens où on marche sur une route de nuit,
sans rien y voir, on arrive quelque part qu'on ne sait nommer,
et "il se passe des choses" dans l'environnement,
les gens bougent par rapport à soi,
simplement parce que soi-même on a bougé.
Un minuscule déplacement, millimétriquement non visible,
mais qui change tout,
qui fait qu'après, ce n'est plus comme avant.
 
Ce livre est l'in-définition de la psychanalyse,
sa preuve par l'impuissance,
sa légitimation par le désespoir qu'on ne sait surmonter
qu'en parlant à côté, en se trompant beaucoup.
 
 
 
 
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E
allers-retoursMerci pour la réponse :) (je vais le lire durant mes trajets en train, par bribes)
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A
Réponse à Emelka mxOui, c'est vrai, il y a toujours reconstruction. Et en tout cas une reconstruction limitée entre le temps de l'analyse sur le divan et le temps de la prise de notes après la séance.<br /> <br /> Ce que je veux dire, c'est que je n'avais pas lu jusqu'à présent un auteur reprenant les séances, bribes par bribes, à peine retouchées, avec le sentiment d'incomplétude, de questionnement, de tâtonnement, c'est-à-dire avec le sentiment que le livre n'a pas été écrit dans un temps de recomposition, mais qu'il est composé de micro-temps accumulés pendant trois ans.<br /> <br />
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E
re-constructionB'soir. Dans une petite réflexion sur le processus d'écriture, je me demandais, en vous lisant : "il ne se reconstruit pas dans l'après-coup". Je comprends bien je crois la démarche et la forme que cela peut prendre (mais je n'ai pas lu le livre...). Mais j'ai une question qui me taraude quand même : toute forme de mise en écriture (quelle que soit sa forme et bien que cette démarche s'éloigne largement d'une mise en récit)n'est-elle pas "de fait" une reconstruction ?... Mais je chipote sans doute un peu
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