Par Anthropia
Niki de Saint-Phalle
Le poète et sa muse, 1975 (détail)
FIAC 2007
Cliché Anthropia
Les bois dormants
Fabienne Juhel
Editions du Rouergue
157 pages - 14 euros
On se laisse emmener dans ce roman poétique, jonché de métaphores végétales, de personnages inquiétants, comme Joe l'Indien, la truite bleue, bref l'univers sylvestre de l'auteure, Fabienne Juhel.
Le motif du roman consiste à se rapprocher des derniers instants d'une narratrice, enfermée dans le silence du coma, qui lui laisse le temps de penser, de raconter ce qui l'amène dans ce lit d'hôpital.
L'héroïne est perdue, depuis que quelques jours après sa naissance, ses parents l'ont oubliée dans son couffin, tout à leur peluche gagnée sur un stand de tir, sur le bar d'un stand de la fête foraine. De ces instants qui ont duré jusque tard dans la nuit, le bébé a gardé un trouble de l'absence, qui a planté le germe d'une petite tumeur qui ne fera que grandir, qu'aucun mari ou enfants ne sauront faire disparaître.
Au jour de la fin, elle se sera perdue, la petite fille, parce qu'on ne se relève sans doute pas de parents si insouciants et d'un secret qui fonde en elle le manque, ce vide qui autorise n'importe quelle étoile à se loger là dans une petite cavité inconnue du cerveau.
Nous sommes parfois débordés par la profusion d'images, par l'univers baroque et fantasmagorique de l'auteure. Mais, jamais triste, ce récit est sans doute une des perles de cette rentrée.
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