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Les indices

Devriendt Robert

Sequence from the series Le nouveau rituel

2007

Courtesy Galerie Baronia Francey

FIAC 2008

Crédit photo Anthropia

 

Dans le procès du MC Ruby,

ce qui est apparu aux auteurs du livre

Affaire MC Ruby, anatomie d'un procès,

c'est que les modalités de la procédure inquisitoire,

caractéristique du système français,

ne permettaient pas que la vérité se manifeste,

parce que la mise en scène de l'émergence de la vérité

lors du procès, chère au système inquisitoire,

faisait l'impasse de la préparation d'une nécessaire contre-enquête

sur le récit proposé par le principal témoin,

le ghanéen victime présenté hier soir dans l'émission de Thalassa.

Un autre récit jamais explicité,

mais qui émergeait des différents témoignages,

n'aurait sans doute pas conduit à l'incrimination du second,

Artemenko, qui s'est vu condamné à perpétuité,

sur la foi de témoignages contradictoires de la part des marins,

et pour lesquels sa position de bouc-émissaire

ne lui permettait pas de se sortir.

Voici la conclusion de l'ethnopsychiatre, Sherrill Mulhern,

qui a repris lors d'un long article,

que je tiens à votre disposition,

les différentes failles des récits des témoins,

notamment le récit de Arakhamiya,

pour en acquérir la certitude de l'innocence d'Artemenko,

ou tout au moins d'un rôle secondaire,

moins machiavélique, que celui qu'on lui a prêté.

 

Espérons que le reportage diffusé aussi en prison

ne mettra pas en péril la vie de ce condamné,

par ceux qui se sentiraient à mauvais escient

une solidarité avec les victimes ghanéennes.

"Pas plus qu'il ne fut demandé aux jurés de considérer que si la description faite par Arakhamiya du comportement machiavélique de Artemenko était exacte, ce dernier aurait dit que son ami, Romashenko, de concert avec Mikhailevsky et Bondarenko, avaient DEJA tué l'un des passagers clandestins et avaient insisté pour qu'il les aide à FINIR le travail déjà commencé. Cependant, Arakhamiya devait maintenir que, à l'occasion de leurs diverses entrevues privées, bien que le second ait tenté de l'amener à aider les trois autres marins à supprimer les clandestins, en faisant appel à son sens de la solidarité à l'égard de ses camarades, il n'avait JAMAIS mentionné que les meurtres avaient déjà débuté. Si le procès MC Ruby s'était déroulé en fonction de procédures accusatoires, selon toute vraisemblance les avocats de la défense se seraient emparés d'une contradiction de cette importance et l'auraient utilisée pour élaborer et ancrer un récit différent, que l'on peut étayer de semblable, voire de meilleure manière, au moyen des éléments d'ordre psychologique figurant dans l'étude de la personnalité du second et des confessions disponibles, selon lesquelles le crime réel de Artemenko n'est pas d'avoir été l'impitoyable instigateur d'un massacre, mais que, en l'absence de tout soutien véritable de la part de son commandant, il s'était trouvé psychologiquement paralysé et incapable d'arrêter le massacre se déroulant à bord du MC Ruby, dès lors que celui-ci avait commencé."

On aurait pu souhaiter que Thalassa cite cette contre-enquête et n'entre pas sans aucun recul dans le récit monolithique du principal témoin.

 

 

 

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