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Nostalgie de l'avenir, l'entreprise de Catherine Cusset

Cliché Anthropia

Maison d'art brut (Arles)

 

 

 

 

Un brillant avenir

Catherine Cusset

Gallimard

 

Il faut commencer par l'incipit, par le commencement,

ce roman de Catherine Cusset, car sinon on se perd.

Il est construit de main de maître,

non sans rappeler l'impeccable Ligne de faille de Nancy Huston,

par ces aller-retours entre l'enfance de l'une et l'enfance de l'autre.

Toujours chez Cusset, ces confidences politiquement incorrectes,

sur le désordre de la bru et l'agacement de la belle-mère,

sur l'évolution des sentiments et des folies,

sur le ratage des plans d'avenir et la réussite du lâcher-prise.

L'histoire se passe en Russie, en Roumanie, en Israël, aux USA.

L'histoire est transgénérationnelle, de la mère quand elle est enfant,

du couple quand il se rencontre,

du fils qui se marie enfin,

de la maladie du père

et de la naissance de la troisième génération.

Et puis des Ceaucescu, de la vie sous une dictature,

de l'exil, de la vie au travail.

Alors pourquoi n'est-ce pas un chef d'oeuvre ?

Le secret de famille s'évente bizarrement,

sans apothéose dramatique.

Est-ce dû au manque de finesse psychologique ?

Des faits, des actes,

mais l'épaisseur du trait masque un peu

la vie de l'esprit, les rouages de la pensée tordue.

Il y a du brio chez Cusset, de l'humour aussi,

qu'on connaît bien si on a lu le reste,

mais elle s'est américanisée,

au sens où le narrateur s'arrête à l'entrée du penser-conscient,

sans jamais nous faire pénétrer dans la boutique obscure.

Et pour Elena alias Helen, creuser un peu plus aurait été bienvenu,

car d'un grand destin d'exilée, elle tisse une histoire de belle-mère.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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