Par Anthropia
Lustre du Centre de Conférence de l'Avenue Kleber
où ont eu lieu les négociations de paix entre Américains et Vietnamiens
13 mai 1968
L'artiste : Danh Vo
Fleurs d'intérieur
Kadist Art Foundation (Paris)
Crédit photo Anthropia
Danh Vo, prononcez ian, artiste danois, d'origine vietnamienne,
a commencé un travail passionnant,
nous emmener dans un no man's land, celui des échanges paradoxaux
entre les missionnaires, les colonisateurs européens,
et le Vietnam ; il ne se situe pas du côté des vaincus,
n'est pas dans une quête identitaire,
il interroge plutôt l'imaginaire commun entre nos deux continents.
Le lustre qui a vu les négociations de paix à Paris
à la fin de la guerre du Vietnam en mai 1968 ;
la lettre d'un missionnaire catholique sur l'accueil
fait par les Lndochinois à certains de ses correligionnaires ;
les objets donnés au père de l'artiste
par l'Etat danois à son arrivée du Vietnam ;
la branche d'arbre, prélevée sur la tombe
d'un frère mort au Vietnam par l'artiste,
dont il décrit en photo chaque étape
du difficile transport en Europe :
l'arrosage en transports en commun,
l'abri dans le lavabo de la chambre d'hôtel,
jusqu'à son exposition à la foire de Bâle.
Qu'on ne s'y trompe pas, l'artiste n'est pas le fils d'une victime de la guerre,
il est une jeune Danois contemporain, un pied sur les deux continents,
qui fait non pas l'aller-retour culturel, mais qui nous montre à voir
les relations d'amour-haine qui régissent leurs échanges depuis longtemps.
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