Par Anthropia
Crédit photo Anthropia
Plateau serré, peuple coincé à des tables,
décor hésitant entre tables de bistrot
ou comme le disait Guillon ce matin "espace Pôle emploi",
la mascarade jouée hier sur TF1 aurait pu avoir pour titre
"De l''impuissance du peuple".
Ce que Peillon avait déjà montré par son lapin à Chabot,
c'est que dans une situation de communication,
le contexte est un aspect essentiel de l'impact du message.
Maîtriser son contexte est donc la seule manière de réussir sa com'.
Ce qu'a parfaitement fait Sarko hier.
Il contrôle les questions, les profils de son jury,
comme un avocat, il a sans doute pu en révoquer quelques-uns.
Il a pris le temps de peaufiner les réponses, d'apporter les chiffres,
il a pris le temps de s'entraîner pour paraître.
Les autres qui sortent de l'usine, viennent de traire,
n'ont pas eu les moyens de passer
chez le coiffeur pour se faire faire les racines,
entre les intimidés qui parviennent et c'est miracle, à parler,
l'énervé que Perrault interrompt,
pour donner le beau rôle à Sarko de poursuivre,
eux n'ont pas eu de coach,
pas d'équipes pour leur rappeler les chiffres,
eux viennent à mains nus, tenter d'avoir une explication.
Et le contexte aidant, le Président n'ayant pris aucun risque,
il peut se décontracter, prétendre qu'il se trompe parfois,
prétendre donner du sens,
comme si la question du sens en était une pour lui.
La seule réponse au contexte furent ces questions ravageuses
et toutes non répondues sur le fond,
ah oui, vous la jeune chômeuse, vous avez fait de bonnes études
et ça ne marche pas,
et bien justement, moi je veux que tous les jeunes
fassent de bonnes études utiles aux entreprises,
.... ben, justement, ça ne marche pas.
et vous la paysanne, vous voulez vivre de votre travail
et les distributeurs ne vous paient pas correctement,
moi bien sûr je ne ferai rien pour les quotas,
mais rien non plus pour interdire le dumping imposé,
l'obligation qui vous est faite de vendre en-dessous des coûts réels,
donc à vous de vous débrouiller, mais sans moi.
Toutes ces questions ravageuses
et les interruptions qu'on aurait souhaité faire,
à Wilwoorde, répondre Gandrange,
où il est apparu qu'il n'a pas tenu sa parole,
lui qui se targuait hier soir de suivre les dossiers,
Toutes ces questions ravageuses
et le terrible silence qui accompagnait ses réponses,
les mines fermées, les visages crispés, les bras croisés,
ce langage non verbal parlant plus fort que les mots,
ces gens convaincus
que les dés sont pipés d'avance.
que tout cela est vain,
qu'll aurait le dernier mot,
pour cette fois encore, dans ce contexte-là.
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog