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Ennemis publics : un livre passionnant

Ennemis publics

Michel Houellebecq - Bernard-Henri Levy

Flammarion Grasset

 

 

Je ne rentrerai même pas dans la polémique,

faut-il ou pas brûler ce livre parce qu'il égratigne

côté Houllebecq, Assouline, Busnel et Garcin,

BHL sauvant Garcin, sans rien dire des autres,

de tous ces livres dont il ne nomme pas les auteurs,

ce serait leur faire trop d'audience.

Non, je n'entrerai pas dans la polémique,

parce que c'est cinq lignes

dans un livre qui en compte 332.

Elles ne comptent pas, le titre non plus,

au regard du cadeau qui nous est fait.

Oubliez tout ce que vous avez lu,

sauf la critique de Judith Bernard ici,

ou la chronique de François Begaudeau, sur Canal.

Parce que ce livre est tout bonnement passionnant,

qu'il se lit comme un roman, qu'il est par certains égards,

par ces morceaux de récit de soi,

que les deux auteurs nous offrent,

pudiquement et avec générosité.

Parce que ce livre est un grand livre sur notre époque,

sur la réflexion de deux intellectuels,

dotés des outils conceptuels

qu'ils se sont forgés, pas les mêmes :

Lucrèce, les Epicuriens, Pascal 

et même les articles scientifiques chez Houellebecq,

tandis que Spinoza, Sartre, Lévinas et la Bible inspiraient BHL,

sans pour autant le rendre religieux,

"parce que le judaïsme n'est pas une religion", instruit-il doctement.

Il s'agit de calculer sa distance au monde, d'en analyser le lien,

d'en comprendre les sources,

dans les remarques de la tante Paule

et d'un condisciple à Neuilly chez BHL 

ou les mimiques réticentes du père de Houellebecq,

à parler de la guerre ou à fréquenter ses riches clients alpinistes.

Chez les deux, le père inquiète et concerne.

Chez BHL, la mère inspire aussi.

J'aime notre époque parce qu'elle permet à ces deux têtes chercheuses,

de se dire et de réfléchir dans le même mouvement,

de confier leurs petites hontes, leurs secrets désirs,

mais aussi leurs lectures et leurs credos.

Aurait-ce été possible avant l'auto-fiction ou la télé-réalité ?

BHL nous confie les raisons de sa philosophie,

qui pallie ses propres angoisses :

le néant d'un côté et le trop-plein du bourgeois sûr de lui de l'autre ;

l'engagement est sa réponse, panache compris.

Chez Houellebecq, c'est l'aquoibonisme,

ce nihilisme construit après la tentation du catholicisme,

mais aussi l'amour de la nature et de la science, qui font surface.

Nous sentons circuler en nous ces deux tentations.

Nous retrouvons en eux cette énergie de l'enfance ou de la jeunesse,

on écrit à partir de ses douze ans,

ils ont douze ans avec nous, pour nous,

ces deux auteurs, qui sont nos contemporains.

 

 

 

 

 

 

 

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A
Ce texte n'est pas un essaiIl faut le prendre pour ce qu'il est, insuffisances comprises.<br /> <br /> http://anthropia.blogg.org
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T
Nos contemporains ne contemple rien.Bonsoir Anthropia, avez vous souvenir de ceci ?<br /> http://www.pierre-vidal-naquet.net/spip.php?article49
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