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Journaliste de clan

 

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Hier au JT de 20h, David Pujadas a une fois de plus franchi la ligne. Il a fait les louanges d'une mesure de Sarkozy, repris son reporter pour lui dire ce qu'il avait à dire, conclu en en remettant une couche. Comparée quelques minutes plus tard à son traitement du PS, la différence était évidente.


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Je peux m'imaginer que David Pujadas croit bien faire son métier, même s'il est ambitieux. Qu'il est même certain d'être compétent.



Qu'est-ce qui fait qu'un journaliste ne se rend pas compte qu'il prend parti dans ses papiers, en lançant ses sujets ou dans ses dépêches ? Qu'est-ce qui l'encourage à franchir la ligne, à se transformer en communicateur pour une cause sans être vraiment conscient qu'il le fait ?


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L'effet de groupe.



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Au sein d'une équipe, la culture collective compte énormément. On est entre soi, on se soutient, on s'épaule. Quand on rejoint un lieu de travail, on adhère aux valeurs du groupe, on s'identifie au chef, on veut se sentir partie prenante d'un Team. Les petits encouragements après l'émission, un coup de fil du chef de service, la prime spéciale accordée, le petit mot du grand patron, des confrères qui vous admirent voire qui vous jalousent, mais n'êtes-vous pas le meilleur, bref tous ces signes encourageants, qui vous font vous sentir bien en communion avec votre job.



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En face de cet ilot de plaisir, le fait que certains individus, non connus ou connus pour être non consensuels, se permettent d'intervenir sur le site du médiateur, dans un blog ou par une lettre indignée,  est bien peu de chose face à votre aréopage de hiérarques bienveillants, d'experts concordants, de confrères encourageants et d'amis politiques satisfaits. Une telle parole ne peut être vue que comme dissonante, discordante. Elle ne pourrait avoir l'oreille du journaliste que si tout à coup il se voyait préférer un autre collègue, sanctionner pour une erreur, s'il était victime d'une cabale. Alors il se mettrait à écouter le public qui ne s'y retrouve pas dans cette parodie de journalisme. Mais ce serait pour de mauvaises raisons, parce que tout à coup il aurait été expulsé du paradis, son clan.


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Etre dedans et dehors à la fois constitue un réel exploit, s'arracher à la pente savonneuse du consensus est une posture intellectuelle peu confortable. Je crois pourtant que c'est tout l'art du journaliste, qui doit avoir cette capacité de regarder sa société d'un point de vue extérieur, un peu comme un sociologue ou un anthropologue. Métier peu aisé pourtant le seul qui témoigne d'un réel professionnalisme.



 

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Si j'étais journaliste, je crois que j'essaierais de me situer dans ce non-lieu de l'information. Une utopie ?

 

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C
Realiteexcellent article, je partage tout-à-fait cette analyse dont la réalité toujours plus criante nous saute quotidienement au visage
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A
ok ok réponseJe parle des journalistes qui font de l'information politique, société, grand public.<br /> Les producteurs d'émissions culturelles n'ont pas les mêmes responsabilités. <br /> Ils ne sont pas au 20 heures, ils ne matraquent pas la France entière. Ils passent en fin de soirée, à l'heure où les jeux sont faits.
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ok ok...Je suis d'accord avec toi mais parles tu de tous ces journalistes qui font de même pour la pensée unique ?... Qui prennent parti pour des communautés minoritaires qui chient sur la majorité ?... Que fais-tu de ces journalistes bobo qui invitent de drôles d'artistes ?... Je crois que le journaliste d'aujourd'hui est un p'tit con qui se croit tout permis ! Pjadas compris... Mais je ne pense pas que c'est lui qui ait commencé ! ;)
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