Par Anthropia
Oscar Muñoz
Narciso, 2001
Cliché
d'après une vidéo présentée à la FIAC 2004
(droits réservés)
Le visage est dessiné comme en miroir sur la surface de l'eau, au fond d'un lavabo. Le siphon est entrouvert, laissant l'eau s'écouler lentement.
D'abord fascinés, nous explorons ce dessin fluide au fusain. Grandeur de la face, quand elle ne perd pas ses faces.
Une risée ? Quelques ridelles se forment. Avant de tressaillir, le visage vieillit, il blanchit sous nos yeux en portrait défaillant de Dorian Gray, quand l'inéluctable commence à se manifester. Puis il se déforme plus vite encore, s'altère d'une seconde à l'autre, finit par se tordre de douleur. L'image de soi se disloque. Morphing accélérateur des particules élémentaires de notre vie.
Narcisse d'un autre, nous contemplons en temps réel la fuite du temps. Dans le tournoiement qui les absorbe, les traits s'amenuisent pour n'être bientôt plus qu'une trace noirâtre qui disparaît dans la néantification du vortex.
Miroir d'eau à la grâce éphémère. Fragilité de l'égo sur une surface qui ne fait pas support.
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