Par Anthropia
Mrzyk et Moriceau
3 août 2010
Les mineurs ont envahi la ville de Potosi.
Une énorme manifestation a eu lieu, à la manière des villes d'ici,
en Bolivie, tout prend tout de suite des proportions.
Cela commence en pétards et
quelques explosions de dynamite plus loin,
les grévistes ont immobilisé la gare, la station d'autobus,
puis ont pris possession des frontières de la ville,
c'est l'hiver à Potosi, la température est descendue sous zéro,
mais les gens du coin ont des moyens de se réchauffer.
Le 4 août, les piqueteros ont gagné l'aéroport
et ont empêché les avions de décoller.
supprimant ainsi toutes les voies possibles de sortie.
Après de longues négociations, dans la soirée, les touristes ont rejoint un bus,
ont franchi les portes de la ville en direction du Nord-Ouest, vers Sucre,
ils pensaient que les peones s'étant mis d'accord avec le comité de lutte,
qu'ils pourraient passer.
Mais arrivé au milieu de nulle part,
le bus a dû rebrousser chemin,
pas d'accord, pas de passage.
Retour à l'hôtel Residential Felcal, au Lacasone,
au Colonial ou au Carlos, à ronger son frein ;
couvrez-vous bien, il fait très froid, achetez des provisions alimentaires,
car vous, touristes en Bolivie, vous ne savez pas quand vous rentrerez.
On dit qu'elles sont une douzaine, les villes ainsi conquises,
qu'une partie de la Bolivie est immobilisée.
Si Messieurs et Mesdames les journalistes voulaient bien se donner le mal
de tourner leur regard vers la Bolivie et classer comme actualité
ce petit sujet bien anodin pour eux sans doute,
s'ils voulaient bien nous informer
de ce qui a pîqué les mineurs boliviens, à part la pauvreté bien sûr,
sur ce qui les amène à immobiliser une région grande comme la France,
et à retenir quelques-uns de nos chers et tendres de gré et de force,
j'avoue que je leur serais grandement reconnaissante ?
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog