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La fascination de la Cenci

Guido Reni ? Ou une copie du XVIIème ?

Beatrice Cenci

 

 

Une de mes amies m'a montré récemment un tableau qu'elle possédait,

c'était un portrait de la Cenci, mais elle n'en savait pas davantage.

Elle l'avait reçu en héritage,

se souvenant que ce portrait avait été dans son enfance

son confesseur et son teddy bear,

le tableau de famille auquel elle confiait

ses tristesses et ses secrets.

 

Bien des années plus tard, elle avait appris le nom de la jeune fille ;

un marchand d'art s'étant arrêté sur sa facture raffinée,

lui confia que c'était une des innombrables copies de la Cenci,

faites par des artistes fascinés par cette figure singulière.

Il la consola en lui confiant que les copies s'étaient arrêtées au XIXème siècle,

et que la sienne avait quelque chose de très spécial.

 

Mon amie intriguée voulut en savoir davantage.

Elle mena l'enquête et découvrit que Stendhal avait écrit sur la famille Cenci,

grande famille de patriciens florentins du XVème siècle,

mais n'alla pas plus loin.

 

C'est très récemment qu'elle apprit la suite.

Elle me raconta

quelle étrange histoire portait sa confidente.

 

Elle a seize ans sur le portrait.

Elle est en prison,

d'où l'écart entre la posture noble, la beauté

et le costume de prisonnière, l'étrange relâché de la tenue.

 

Elle est emprisonnée, car elle a tué son père,

avec la complicité de son frère et de sa mère.

 

L'histoire commence avec sa soeur aînée,

violée par le père et qui finit par se suicider.

Vient le tour de Beatrice Cenci d'être incestuée.

Elle se défend, écrit au pape, sans succès.

Puis elle se confie à sa mère, à son frère

et tous trois fomentent un complot,

paient un condottiere

-ou quelque soit le nom du tueur,

dans cette Florence des riches familles,

où l'horreur cotoie la splendeur-,

et font tuer le père.

 

Du haut du palais familial,

le corps du pater est jeté dans une fosse de la propriété,

mais, mal caché, il est finalement retrouvé.

 

Un procès retentissant a lieu.

Beatrice est condamnée à mort avec sa mère,

le fils plus âgé étant étrangement disculpé.

Parce que le scandale est venu par elle, elle voit sa peine aggravée,

elle mourra après sa mère,

la verra perdre la tête avant de perdre la sienne.

 

Nous aurions oublié cette histoire

et mon amie n'aurait pas trouvé épaule

sur laquelle épancher sa tristesse,

si Guido Reni, peintre florentin,

fasciné par la beauté de la jeune fille,

n'avait demandé à la rencontrer en prison et ne l'avait peinte,

premier suivi d'une longue lignée de copieurs, où l'on compte Vermeer,

dont on dit que sa Jeune fille à la perle s'en serait inspirée.

 

Mais ai-je signalé ce qui relança l'enquête pour mon amie,

ce qui fait qu'aujourd'hui j'en sais autant sur cette jeune beauté ?

Un jour, mon amie se paya une toile,

non pas un tableau,

juste une séance au cinéma,

on y jouait Mulholand Drive, le long métrage de David Lynch,

et quelle ne fut sa surprise

de voir, au beau milieu du film,

sur le mur d'une des chambres, 

accroché comme une énigme à décoder,

le portrait de SA Cenci,

en tous points identique, mais ce n'était pas la même,

bien sûr ce ne pouvait être la même.

 

La nuit suivante, mon amie dormit peu,

obsédée par cette coïncidence,

si bien qu'elle se mit en quête

afin de savoir le fin mot de l'histoire,

que je vous confie ici.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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S
C'est dommageça commençait bien. Ce devait être un secret et l'auteur est mort étranglé... Ou poignardé avec plein de sang sur le clavier... 'fin bref, du coup, on sait pas. Ce "un" est une immense frustration.
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