Par Anthropia
Il a gagné d'une voix, d'un cheveu, d'un iota.
Maintenant, il faudra regarder derrière le texte,
dans les décrets, dans les petits comptes,
dans les variantes, les conditions,
les alinéas, le diable est dans les détails.
Maintenant que les principes sont arrachés,
qui viendra relever les micro-décisions,
qui sarkoIseront le vote,
qui le transformeront en abus,
qui m'indigneront, comme souvent.
Certains disent que l'opposition fait de l'anti-sarkozysme primaire,
mais c'est faux,
si les décisions étaient justes, dignes,
respectueuses des droits de l'homme,
protectrices de la veuve et de l'orphelin,
je ne m'y opposerais pas.
Mais est-ce ma faute, si,
depuis que ce Président a été élu,
je n'ai pu me raccrocher à aucune "bonne" décision.
Tout me lève le coeur,
chaque réforme représente pour moi un abus,
je suis entrée en opposition
parce que fondamentalement,
JE NE SUIS D'ACCORD AVEC RIEN DE CE QUI EST FAIT
EN MON NOM, AU NOM DE LA FRANCE.
Parler de cette réforme constitutionnelle
comme d'une victoire de la démocratie,
alors que la seule idée de voir un Président
présenter sa politique devant le Parlement,
sans que celui-ci soit responsable devant l'assemblée,
est déjà un détail de trop,
et que tout le reste est à l'avenant :
le faux référendum citoyen,
qui peut être annulé par un vote de l'Assemblée,
comment peut-on vouloir ça,
des citoyens qui demandent un référendum et
les élus du peuple qui le leur interdisent ?
La multiplication des commissions, pour mieux régner ?,
et la fonction de contrôle,
quand on ne met pas de clause d'obligation de présence,
et qu'on n'interdit pas le cumul des mandats ?
Le prétendu contre-pouvoir au parlement,
quand on sait que le Sénat est toujours à droite,
et que se prépare une révision de la cartographie des circonscriptions
pour produire une Assemblée nationale allant dans le même sens ?
Et tout à l'avenant.
Ce gouvernement organise la perte de la gauche pour les trente prochaines années,
avec une obstination détestable.
Il nous faudra bien davantage
que des hésitations, que la pusillanimité,
que la vanité des vaniteux socialistes
pour y faire face.
Il nous faut la même féroce intention de battre,
la même opiniâtreté à défaire le mur de haute sécurité
que cette droite dresse devant le peuple.
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