Par Anthropia
De Gaulle, grand électricien devant l'Eternel, avait su dans sa constitution organiser tout un système de résistances et de fusibles, de circuits courts et de coupe-circuits.
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Ainsi la création d'un premier ministre, qui proposait son gouvernement et conduisait la politique gouvernementale, avait-elle pour but de ne pas exposer le Président, en offrant en cas de remise en cause de la légitimité de la politique menée, la possibilité d'un disjoncteur, l'homme du devant faisant fonction de fusible.
Le Président au-dessus des partis, pouvait, dans l'après-coup d'un conflit, décider de se priver de ses services, il apparaissait alors comme un médiateur suprême, Deus ex machina qui résolvait les problèmes.
Que dire de l'attitude de notre Prime-Président ?
Que son goût de l'action pourrait bien un de ces jours lui jouer des tours. François Fillon ressemble de plus en plus à la jeune fille de service, qui accueille en geisha les ukases de son Seigneur et Maître. A quoi servira-t-il quand la bise sera venue ?
On est loin de l'art du Florentin, de celui qui savait s'effacer pour mieux régner. Sarkozy ne sait pas déléguer, il ne connaît que le pouvoir solitaire, où il faut tout faire soi-même. Comment résistera son tempérament nerveux ? Saura-t-il faire face à la complexité de ce métier ?
Et cet homme, le moins diplômé de tous les présidents que nous avons eus, notre Reagan beau-parleur, saura-t-il choisir the right man at the right place ? Quand on voit qu'il est prêt à nommer Kouchner aux Affaires étrangères, ce que jamais ne fît aucun premier ministre sous la gauche, on peut se dire qu'il ne sait évaluer les hommes qu'à l'aune de son propre thermomètre : le sondomètre.
Mais fait-on de la politique et gouverne-t-on la France à coups de sondages ? Cela pourrait bien être là la limite du système.
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