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    Je marche dans Ivry, le chemin des crêtes, au milieu des jardins, des terrains de sport, le sentier secret que les automobiles ignorent. J'arrive au chemin des dames, juste à côté du Bouddha-Fontaine, et avise un rappeur, désoeuvré, visière à l'arrière, qui fait quelques paniers, seul sur le grand terrain.<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p><o:p> </o:p><o:p> 



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    J'amorce une descente, je m'approche, un goût inextinguible de basket m'envahit, une petite madeleine de Proust, trempée dans le thé de mon enfance, quand je dribblais avec succès. J'observe qu'il m'observe. On s'attend. A qui parlera le premier ? Il a quinze ans. Honneur aux anciens, je commence. Est-ce que Vous m'autorisez à faire quelques paniers avec Vous. <o:p> </o:p><o:p> </o:p><o:p> 



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    J'avoue, j'ai fait exprès, le Vous, pour marquer le coup de mon profond respect et qu'avec mes salutations les plus respectueuses et mes remerciements les plus sincères, il saura m'agréer, agréer mon grand âge à ses côtés, acceptant mes circonvolutions pour mieux regarder mon évolution basketistique. En hésitant, regard d'étonnement, naïveté vite réprimée, yeux méprisant sur mes guiboles, grand seigneur, y a personne autour, risque rien plus grand que moi, pourrais être sa mère, enfin pourquoi pas. Il fait un microscopique signe. Affirmatif.<o:p> </o:p><o:p> </o:p><o:p> 



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    Je la joue subtil, pleine d'humilité, merci, je prends le ballon quand il veut bien me l'accorder, pas à chaque fois qu'il met un panier ou qu'il shoote, ce serait trop lui demander. Enfin c'est mon tour, je vise, mets quelques paniers, moue de surprise, puis je dribble, fais mon fameux Trois-Pas qui marche à tous les coups, regard incrédule. Il commence à penser qu'il est tombé sur une ancienne internationale, une entraîneuse de la NBA, mais en fait j'étais juste sélectionnée régionale. Je le glisse dans la conversation. Bon ça fait son petit effet. On croirait presque qu'on est copain. Il joue. Il me regarde. Me passe la balle en regardant à droite et à gauche façon j'l'ai pas fait, mais il le fait. Je m'étonne du poids du ballon, de la hauteur des filets. Je demande où il l'a acheté. On parle, quoi. Lui a cet accent d'aucun pays, celui de la banlieue, qu'on retrouve chez les bourgeois du XVème qui se pâment devant leurs héros du neuf-trois..



    Intuition qu'il est en train de se faire avoir, que je suis une détourneuse d'adolescents en chasse, reprend la balle et se la garde deux ou trois tours. Puis non je n'ai pas l'air, me la repasse. C'est sûr cette improbable partie ne va pas durer longtemps.
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    Catastrophe, trois casquettes apparaissent au loin. Je sais que mes dernières secondes sont comptées. Il parle. Il dit je continue tout seul. En fait il va continuer avec les casquettes. Mais je sais qu'il ne sert à rien de lutter. Le clan d'abord. Je salue, façon japonaise, trois fois, dis merci et m'en vais pleine du délicieux velouté de main que le ballon m'a fabriqué en quelques minutes. Le plaisir d'un panier, le délicieux bruit du ballon amorti, le blocage avant le jet de ballon en suspension, le corps n'oublie rien.<o:p> </o:p><o:p> </o:p><o:p> 



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    Je pars bien décidée à réitérer l'événement. L'après-midi je passe par inadvertance devant un Décago et j'achète le ballon, taille sept, pas en cuir, pas homologué, ils n'en font pas. Jeunesse retrouvée, je fais résonner la maison du bruit mat qui énerve tout le monde qui ne dribble pas. <o:p> </o:p><o:p> </o:p><o:p> 



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    Le lendemain matin, les clans dorment à cette heure-là, je reviens. Personne sur le terrain. En douce, en cachette, je prends mon petit déjeuner de madeleines, tout plein, un délice. J'avise en haut, sur le chemin des dames, un chinois qui lit un livre en tournant autour du Bouddha-Niagara. Il marche, insensiblement descend le sentier qui longe le terrain, arrive sur le bitume et s'approche de moi. Est-ce que je peux faire quelques passes ?



    Le jeu infini s'est poursuivi, celui qui ouvre des perspectives inouïes de rencontres impossibles. A mon tour, je minaude, je regarde les guiboles, la petite taille du monsieur et d'un air supérieur agrée l'intrus. Il me remercie. Puis nous jouons l'éternel duo basketteur, je mets un panier, tu dribbles, tu en mets un, je reprends en suspension et je rejoue à mon tour. Délice. Il me dit qu'il est un universitaire chinois et qu'il s'entraîne avec ses étudiants à Pékin. Mais depuis son arrivée en France, il n'en a pas eu l'occasion. Il est professeur de français. C'est sûr, pas de basket. Car à part quelques effets de style, il est moyen. Mais le plaisir est là. Nous jouons une vingtaine de minutes. Puis tel un deus ex machina, la sirène de midi retentit, premier mercredi du mois. Je regarde ma montre et arrête la partie. C'est mon tour, celui qui a le ballon a le pouvoir. Je le quitte en souriant. Et repars finir ma promenade.
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    Je ne suis pas allée voir le lendemain soir si le Chinois était venu avec son ballon jouer au duo basketteur avec un nouveau quidam. La chaîne ininterrompue des « prête-moi ton ballon » se poursuivra sans moi.




     







     





     


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  • Deux pièces d'eau, installation d'Erik Samakh

     

     (Photo publiée dans Libé - Reportage à l'Abbaye de Maubuisson par Henri-François DEBAILLEUX)



     

    Erik Samakh est un poète, un utopiste et un artiste de la nature. 

     
    Au Lac de Vassivière (Limousin), il a encouragé toute la population à venir planter des arbres pour recréer de la biodiversité sur cette île victime du développement monolithique de l'ONF et des primes, à savoir l'invasion du pin banal comme une algue en Méditerranée. Que sont devenues les plantations après la canicule ? Je n'y suis pas allée. Gageons qu'il en reste quelque chose. Le projet se veut aussi une aventure humaine où toutes les générations se piquent au jeu du repiquage, comme jadis avant la Révolution quand chacun portait dans ses gênes le paysage local.



    Samakh a également souligné le périmètre de l'île de petites lanternes nichées dans les arbres qui se chargent à l'énergie solaire et s'allument la nuit pour former un halo mystérieux sur la surface du lac.


    A l'Abbaye de Maubuisson près de Cergy-Pontoise, en juin dernier, il a créé son univers, fait de bambous siffleurs, de bassin d'eau noire, de parloir chuchoteur. Au parloir, d'énormes bambous amplifient le son de la pièce enregistré par des petits micros. Un son unique, mat fait d'homéostasie. Si vous chantez une note, bien choisie, votre voix est amplifiée et rejoint le son de départ dans une harmonie grégorienne, accord à la quinte, quintessence de la spiritualité.



    La promenade tout autour du bassin est un autre moment de la sagesse des lieux renforcée par Samakh, reflets cisterciens dans l'eau, la règle du silence et le regard posé sur le plus-profond. Tout au long de la visite, des plaques de verre ouvertes sur les fondations, vous font découvrir les canaux souterrains, leurs écluses et leurs cascades.




    Cet artiste qui vit dans une bastide dans le Sud de la France passe son temps à planter, à marcher et à inventer un univers qui nous place au-delà du règne médiatique, dans un espace qui prend du sens, nourri d'image, de nature et de technologie tout à la fois.



     


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  • Croquis de Leonardo da Vinci

    Ce matin, j'étais à la poste. Je croise une femme teinte en blonde, fragile et le visage blanc de quelqu'un qui n'a pas beaucoup dormi, triturant une poussette abîmée, (pauvre, pas une turbo4x4) avec un petit tout pâlichon aussi. Elle me dit, est-ce que vous connaissez l'adresse d'un docteur à Ivry ?



    Non. Je n'en ai pas eu le besoin, ayant emménagé dans mon loft sur jardin depuis peu et puis je crois que je continuerais bien d'aller voir mon médecin du XVème si j'en ai l'utilité.



    Elle me dit, ah bon, c'est dur. Cela fait le quatrième médecin que je vois depuis ce matin, mon petit a la varicelle et ils ne veulent pas le soigner. Ils me disent d'aller à Bicêtre. Et moi, ch'sais pas comment faire. J'ai pas d'voiture. Il a la varicelle.



    Je suis pressée. Je dis la première idée que j'ai en tête et m'en vais. Je me retourne une fois, vois le gamin sortir de la poussette, puis s'y remettre tout seul comme un petit qui a appris trop vite à se prendre en charge, et la mère tourner sur elle-même comme si elle allait s'effondrer. Et je vaque à mes occupations.



    Puis, en sortant de la poste, je commence à y repenser. Je me souviens, elle n'a pas de voiture. Elle n'a pas peut-être pas d'argent pour se payer le taxi, et oui, effectivement, sans service d'urgences sur Ivry, elle ne peut aller qu'à Bicêtre, mais avec son gamin contagieux, elle fait comment ?



    Et la discussion me revient, j'y repense, elle me hante, elle finit par m'obséder. Depuis ce matin, je me dis que j'aurais dû retourner chez moi chercher ma voiture et l'emmener à Bicêtre. Je me dis aussi qu'il y a un problème.



     


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  • Water de Bill Viola (Droits réservés)


     

    Généalogie d'une œuvreThe Reflecting Pool de Bill Viola<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>
    J'ai rencontré The Reflecting Pool, dans une installation à Saint-Sulpice, pas très loin du Combat de Jacob avec l'ange de Delacroix, une vidéo ou plutôt une famille de vidéos, qui ont accompagné l'évolution de BV.
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    Bill Viola dans les années soixante dix travaillait sur la neige télévisée, cet écran de fin de soirée de mon enfance, quand la télévision me souhaitait bonne nuit bien après nounours. Quand je me réveillais les soirs de fête devant la télévision vers une heure du matin, ce n'était pas l'heure de la chasse à la bécasse ni celle du porno. A cette époque un grésillement de petites étoiles sur fond noir, un néant d'images me préparait à l'idée de vide, de mort, d'un monde qui s'arrêtait la nuit, me mettant face à ma solitude. Quelque chose que nous ne connaissons plus.
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    L'artiste a introduit très vite les images dans la neige, ou la neige dans les images. Ses vidéos avaient un côté d'image sautée, de défaut dans le film, la neige voilait le sens de l'image, organisant savamment la frustration. Au début, The Reflecting Pool était ainsi pollué, mais devrais-je le dire, de bandeaux de neige se déroulant à l'horizontale sur l'image, l'éteignant, la masquant pour partie, maîtrise et négation de l'artiste.
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    Puis soudain, Bill Viola a lâché la neige, il a renoncé, il a admis que son image avait acquis un tel degré de stylisation, qu'elle pouvait laisser son dernier voile, se dénuder pour donner tout son sens.
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    Entrez dans l'image. Imaginez un bassin d'eau noir creusé dans la pierre, de forme rectangulaire, au cœur d'une clairière dont les arbres se mirent sur la surface liquide. Le temps s'écoule, et dans le miroir, nous voyons passer les saisons, s'agiter le vent, tomber les feuilles mortes, métaphore de la vie. Mais les arbres eux-mêmes ne bougent pas, restent aussi immobiles qu'un jour d'été. Des ombres réfléchies tournent dans le bassin, des groupes, des couples, en promenade, mais point de réelles personnes autour du bassin, concevez des ombres sans leur auteur, des agitations sans leur agitateur.
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    Puis un moine tibétain, un éphèbe en costume de lin, un sage, longe le bassin, il est réel, il marche, il arrive au fond de l'image, il se courbe au-dessus de l'eau face à nous. Se redresse, lentement quitte ses vêtements, il est nu à présent. Il se met en position, s'élance et au-dessus de l'eau, très haut sur les ramures, il se regroupe en forme de fœtus, il s'immobilise là-haut sans bouger, on attend. Le plongeon n'aura pas lieu, la forme est prise dans la courbure du saut, le cocon fœtus s'éternise, il défie les lois de la pesanteur, il conteste son humanité par l'audace même de cette suspension. Puis lentement très lentement le corps se stylise en yin de chair, devient flou puis tout à coup a disparu dans la ramure, une éternité effacée. Qui resurgit plus tard des eaux, réincarnation audacieuse.

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    Bouleversement des sens, interrogation du sens de la vie, de l'éternité, de l'impossible échappée du fœtus. Dans l'élan a lieu le retour au néant, le désir et son effacement. Puis son resurgissement.<o:p> </o:p><o:p> </o:p>

     


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    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>Un petit garçon de sept ou huit ans, déguisé en adulte, vêtu d'un costume beige clair, arborant une chevelure marron coupée court devant, de type espagnol, me regarde d'un œil noir, une fierté intérieure. Un très pâle sourire répond à mon regard louangeur devant ce petit Homme à moto, car il est monté sur une petite moto et fait le tour du parking de bitume entièrement vide de voiture en ce dimanche de fin d'après-midi.



    Son père vient d'essayer la moto et la lui a repassée. Le petit semble déjà trop grand pour la moto, comme s'il l'avait reçue tardivement d'un père souvent absent, qui s'acquitte en retard des cadeaux d'anniversaire, achetés de longue date mais non remis dans les temps, un père divorcé, un père espagnol reparti au pays chez sa deuxième femme et qui remonte occasionnellement faire son devoir paternel. 
     

    Il le regarde faire des tours de parking, le petit est tout fier, un peu soupirant tout de même car il le sait lui que la moto, il eût du l'enfourcher plus tôt, en son temps, car la moto pour petit n'attend pas, elle a la taille requise du petit âge et non du plus grand du peut-être pré-adolescent de 12 ans qu'il est et qui ferait plus petit que son âge, car il est petit et déjà un peu râblé ce petit espagnol.



    Ils sont sur le parking bitumé le long de l'autoroute, odeurs de gaz d'échappement garanties, ce ne sont pas les siennes mais ceux des centaines de voitures qui passent à dix mètre de là sur l'autoroute de l'Est, à toute allure, juste après le radar de Saint-Maurice, ou peut-être de Charenton, quand elles reprennent de la vitesse toutes étonnées de n'avoir pas été flashées quand l'automobiliste a repéré un peu trop tard la boîte de métal gris sur le bas-côté de la route, entre les deux glissières de sécurité. 



    Elles filent les automobiles et ne font pas attention au petit et à son père, venus tuer une fin de dimanche endimanché, dimanche à l'église le matin, au repas avec les beaux-parents, trop lourd, tellement habituel, ou au contraire un de ces festins d'exception qui renoue les fils avec le gendre rentré d'Espagne, et le petit qui piaffe qui veut essayer la moto, qui veut écourter le dessert, qui ne se soucie pas du fromage, qui veut y aller descendre du dixième étage de la tour avec la moto dans l'ascenseur, avec son père ravi de l'occasion de fausser compagnie au regard énervé de sa femme épuisée d'avoir tout préparé, ou du beau-père qui voudrait trouver l'occasion enfin de régler ses comptes avec le beau-fils et lui dire ce qu'il en pense de sa double vie, de sa conduite avec sa fille catholique et qu'ils sont tous d'une famille catholique où ces choses là ne se font pas, mais faut-il tout casser, provoquer l'irréparable et ce père qui en même temps a apporté la moto au petit, et le petit si content d'aller l'essayer, on en parlera après des choses qui fâchent, quand ils rentreront, quand le petit sera allé se coucher, attendons, oui, gardons un peu de la quiétude du dimanche en famille.



    Les gaz d'échappement me montent au nez sur ce parking et j'aperçois la petite péniche-café, avec ces huit tables rondes de bistrot dépareillées et les chaises métalliques qui ne vont pas avec, récupération d'une vente, combine de copains, il a acheté la péniche, il a tout fait lui-même, mais la péniche est au bout du parking, pas très loin de l'autoroute et on l'entend, on entend les voitures et on la sent on sent les voitures et leurs gaz arrogants et la petite péniche ne sert plus au délassement, désertée, le propriétaire n'y croit plus, et le dimanche à quelques mètres du quai d'embarquement de la navette Alfortville/Pont Henry IV, la péniche ne régale personne.
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    Ceci n'est pas une promenade. Je suis partie une heure plus tôt de la rue Spinoza, bien décidée à découvrir mon terrain de vie nouveau, mon environnement. J'ai remonté la rue Descartes, tourné à gauche suis allée jusqu'à la petite place, je ne connais pas encore son nom et rejoins la rue Galilée, celle qui je crois passe devant l'Université Pierre et Marie Curie, je rejoins le pont le traverse. Son nom je l'ignore. Je suis en face d'Alfortville, à droite, la piste cyclable passe sous le pont et part le long de ce que je crois être la Marne, en face de moi sur l'autre rive ou peut-être est-ce une presqu'île, se dresse Chinagora, enclave chinoise en terre étrangère, un complexe, une galerie marchande où marchands chinois viennent exposer leurs modernités kitches, restaurants un seul ou plusieurs je ne sais, hôtel, sans doute près de 1000 chambres, où chinois se pressent, vivent, dorment et consomment chinois avant de repartir sur Paris.



    Je traverse le pont et décide de longer la rivière vers la droite, descend par une petite ruelle qui vient longer le quai et je décide de marcher sur le ponton de bois vers l'Est, Melun, malheureusement il s'est effondré à peine dix mètres plus loin. Je rebrousse chemin, remonte sur le quai et vais dans le sens inverse, vers l'Ouest, passe sous le pont longeant Chinagora, le contourne, puis sous la beine à poubelles, la hotte d'aspiration et sa bouche d'évacuation dont les odeurs pestilentielles venant des cuisines me donnent envie de vomir, je passe aussi sous les balcons de l'Hôtel, où des hommes d'affaires chinois conversent et je ne comprends rien, je me rends soudain compte que le quai de Chinagora fait un méandre, que Chinagora est plantée sur une sorte de presqu'île et que de l'autre côté se trouve une autre rivière la Seine, que Chinagora est située sur une zone de confluence entre Seine et Marne et qu'il faut à nouveau traverser un pont qui enjambe la Seine pour retrouver la terre ferme, un autre quai qui remonte aussi à gauche.
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    En bas du quai de Chinagora, un couple s'embrasse sur des escaliers qui descendent vers un ponton à bateaux. Je ne l'emprunte pas.
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    Je longe le quai et traverse une passerelle pour piétons, croise deux jeunes chargés de sacs ForestHill sortant d'un court de tennis, situé au-delà du point, après une sorte de maison en bois. Je longe vers la gauche la cabane en bois, arrive vers une petite hutte en forme de cabine de déshabillage au toit pointu, rayée bleu et blanc comme on en trouve sur les plages normandes, la navette part à 14h30 de Charenton et arrive à 15h25 au Pont Henry IV à Paris. Je vais l'emprunter un de ces jours.


    Je poursuis la route et c'est là que je trouve la péniche-café, le petit garçon en costume clair sur sa moto. Je traverse le parking et rejoins une passerelle métallique bleue, qui rejoint un pont-acqueduc, je n'en suis pas sûre. Sous la passerelle sur le quai des jeunes réparent un scooter, l'ont-ils volé ? Scooter bien rouge, très tentant.


    Au-dessus de l'escalier à rampes métalliques, j'arrive sur le bas de l'acqueduc, destiné aux piétons et aux tagueurs, des milliers de tags sur les murs, des graffitis, des graphes, des dessins, une baleine bleue, Kaml, Detale, Bian-K,  Au bout du pont, j'arrive sur les quais de la Marne, enfin je crois que c'est la Marne, mais à cet endroit c'est peut-être aussi la Seine, zone de mélange des eaux. Je vois une péniche, façon African Queen, je m'attends à voir Audrey et Humphrey sortir rouges d'alcool ou d'amour, juste au moment où le rafiot débouche sur le Nil je crois ou sur le canal de Suez, je ne sais plus. Il a tout de la Reine,  retapé, un arche de Noé, sans les animaux. Des matériaux de récupération, des paniers tressés, des tubes, des poulies. A regret je repars, je n'aurai vu personne.



    Je longe les quais et trouve un dock de déchargement de parpaings de béton. C'est dimanche. Les gars ne font pas la queue pour décharger les barges venues d'ailleurs, charriant sable et matériaux, comme le font ceux de la route, plus haut, en face de chez Barkor, qui chaque jour viennent au cas où il y aurait à charger les camions jusqu'à la gueule.



    Je remonte vers l'intérieur des terres. La rue Galilée, les stocks du BHV puis vers la petite place en étoile dont j'ai oublié le nom et le square avec son étrange statue noire.



     


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